صحافة - المشهد الذي أثار ضجة في حفل افتتاح مهرجان قرطاج

أثار حفل افتتاح الدورة53 لمهرجان قرطاج الدولي، جدلًا بين الجمهور وبين الموسيقيين والفنانين. العرض أراد تقديم "60 عامًا من الأغاني التونسيّة الخالدة" وهو من إعداد الموسيقي شادي القرفي. وقد أثار الحفل سجالًا وجدلًا واسعين بسبب تقديم هذه الأغاني بتوزيع اوركسترالي، وهو ما رأى فيه البعض اجتهادًا غير موفّق، حتى إنّ بعض الفنانين شبّهوا هذا المزج بقولهم: إنه كمن يقدّم "ملوخية بالمايونيز"، تعبيرًا عن عدم التوافق بين أغانٍ عريقة وراسخة في الذاكرة الجماعية، وبين سعي لتقديمها مع توزيع اوركسترالي لا يتماشى وروح تلك الأغاني. وجاء النقد لهذه التجربة لاذعًا جدًّا حينًا، وأحيانا أخرى اكثر لطفًا، كالذي قال: إنّ شادي القرفي اجتهد ولم يصب. وقد رد صاحب العرض على منتقديه، وحصل سجال شارك فيه بعض الفنانين والموسيقيين والجمهور ايضًا. لوحة استعراضية واللافت انه أثناء هذا الحفل نفسه، ادخل المخرج لوحات استعراضية لترافق بعض الفنانين، قدّمها الكوريغراف رشدي بلقاسمي، الذي اراد التوثيق من خلال استعراض3 لوحات، لمختلف مراحل تاريخ الرقص الفني في تونس خلال 60 عامًا.. إلا أنّ المشهد الذي أثار ضجة، هو عندما قام رشدي بلقاسمي في إحدى اللوحات، بالرقص عاري الصدر، وكان من الممكن ان يمر المشهد وينتهى الامر، الا أنّ المعني بالأمر كتب على حسابه في "الفايس بوك "في اليوم التالي، معبّرًا عن صدمته قائلًا: إنّ بعض الحاضرين من حركة "النهضة" (حزب شريك في الائتلاف الحكومي وله مرجعية إسلامية) رجالًا ونساءً، قاموا بإدارة وجوههم تعبيرًا عن استهجانهم لرقصته وهو عاري الصدر، وقال في تصريحات إضافية: إنه رأى من قام بوضع يده أمام وجهه، حتى لا يشاهده وهو يقدّم لوحته الاستعراضية. ومن هنا انطلق السجال، وضجّ الفايس بوك بالمواقف المؤيدة والمعارضة، وقيل إنّ رشدي بلقاسمي سعى الى خلق هذه الفرقعة الإعلامية لجلب الانتباه إليه، بخاصة وأنّ إدارة المهرجان تجاهلته عند تقديم أسماء المشاركين في الحفل، وهو ما حزّ في نفسه. وقد عبّرت محرزية العبيدي إحدى أهم الوجوه النسائية في حركة "النهضة"، والتي حضرت العرض، عن استغرابها، نافية ما ذكره رشدي بلقاسمي، ومؤكدة أنها استمتعت بكل الفقرات الفنية المقدّمة في الحفل .


21-08-2018

PRESSE - «Fen Tounès» à Carthage Revisiter, oui... mais créons aussi

Le spectacle d'ouverture de la 53e édition du Festival international de Carthage, «Fen Tounès» (l'Art musical tunisien), produit et concocté par Chadi Garfi, mérite bel et bien un arrêt sur image.
Dans «Fen Tounès», l'objectif était de revisiter 60 ans de musique tunisienne, un segment important de notre histoire musicale, et ce, depuis l'indépendance. Soit, en conséquence, tout un patrimoine riche de compositions, de mélodies et de figures emblématiques entre auteurs, compositeurs et interprètes. Lesquels nous ont légué des airs inoubliables et mémorables qui ont marqué la mémoire collective et fait les beaux jours de la chanson tunisienne, jadis, empreinte d'une beauté et d'une créativité certaine. Cependant, ce n'est pas la première fois que des morceaux de notre patrimoine musical ont été revisités. Mohamed Garfi, le père de Chadi, a déjà emprunté cette voie et l'Orchestre symphonique tunisien, que ce soit sous la direction d'Ahmed Achour ou de Hafedh Makni, aussi. Revisiter le patrimoine musical sacré comme dans «Nouba» et les nombreuses «Hadhra» et/ou profane frise, de plus en plus, le phénomène. Cela en raison d'une crise de création certaine mais aussi par manque d'une politique et d'une stratégie de production et de diffusion musicales. Bref, Chadi Garfi a revisité certaines créations musicales du patrimoine choisies subjectivement, voire arbitrairement, car il est difficile de représenter et de refléter, en deux heures, 60 ans de musique tunisienne. C'est pourquoi l'artiste et chef de l'orchestre et du chœur philharmonique de Tunis a plutôt mentionné, afin de justifier ses choix artistiques, qu'il s'est plutôt focalisé «sur les étapes de l'évolution de la musique tunisienne». Tous ces airs revisités sur fond de polyphonie, qui consiste à combiner les mélodies, les instruments modernes et traditionnels et les voix entre le chant arabe et l'opéra, constituent une sorte d'hommage rendu à de grands compositeurs, dont Mohamed Triki, Salah Mehdi, Chedli Anouar, Ali Chalgham, Ali Riahi, Hédi Jouini, Sadok Thraya, Mohamed Jamoussi, Kaddour Srarfi, Abdelkrim Shabou et Ismaïl Hattab, étaient plus ou moins réussis. C'était selon la qualité de la fusion et de l'harmonie entre les instruments modernes et traditionnels et selon la qualité de l'interprétation vocale. Certaines voix étant sur le déclin (Kacem Kéfi, Adnène Chaouachi, Soulef) ou carrément à côté de la plaque notamment Mongia Sfaxi. Toutefois, et malgré tout, la magie des airs interprétés a plané sur le théâtre romain de Carthage. Citons-en ceux immortalisés par les voix de Youssef Temimi, Saliha, Mustapha Charfi, Hédi Jouini, Ali Riahi, Oulaya, Sonia Mbarek et autres : «Hani jitek y a rammel», «Tabaâni», «Foug echojra», «Mahabitech», «Khalli iqoulou achihem», «Tetfatah lechkoun», etc. On n'a pas compris, cependant, qu'après des semaines de répétition, Mohamed Jebali n'ait pas appris les paroles de la chanson de Mohamed Jamoussi «Fi ouyounek nar tekoui» et que Kacem Kéfi s'échinait à lire, sur un bout de papier ballotté par le vent, les paroles du vieux tube d'Ahmed Hamza, «Chahloula leken guettela». Voilà qui déprécie ce spectacle mis en scène par Hatem Derbal et chorégraphié par Rochdi Belgasmi. Un danseur talentueux qui a séduit le public, hélas peu nombreux, par la qualité de son art. Pourtant, le danseur ayant accompagné Rached Mejri et Kacem Kéfi dans leurs prestations, a, dans un post sur son compte facebook, indiqué que des députées d'Ennahdha, présentes aux premiers rangs, se sont voilé la face quand il est monté torse nu sur scène. Et il n'a pas manqué, sarcastique, de leur dédier le spectacle. Mais la députée Meherzia Laâbidi a démenti formellement ce fait, dans une déclaration à une consœur d'«Essabah El Ousboui», en affirmant «qu'elle a, bien au contraire, apprécié le spectacle et que la danse fait partie intégrante de la personnalité tunisienne et de nos fêtes». Tout en espérant, par ailleurs, que cet artiste pourra contribuer à l'élévation du goût du public, lui souhaitant, au final, succès et réussite. Au-delà du buzz et de la polémique suscitée, sur les réseaux sociaux, la prestation de Rochdi Belgasmi a été, qu'on le veuille ou non, un moment fort de «Fen Tounès». Notre art musical mérite, certes, d'être revisité mais il a aussi besoin d'un nouveau souffle porteur de nouvelles créations de qualité marquant d'autres étapes importantes et innovantes de son histoire.

Samira DAMI
23-07-2017

PRESSE - Festival International de Carthage: entre la modernité et la tradition

Le festival phare du pays a démarré en trombe le 13 juillet sur la scène de l'amphithéâtre Romain de Carthage.
Beaucoup de critiques acerbes ont marqué le début de cette 53ème édition qui a néanmoins pu draîner un public nombreux notamment lors de la soirée d'ouverture, du récital de Faia Younen et du spectacle de Black M. La programmation a alterné modernité et tradition, et les spectateurs ont tantôt applaudi la spontanéité du geste et de la parole, tantôt trempé dans un bain d'authenticité. Une mosaïque de couleurs, de styles et un mélange de genres a été présentée au public durant cette première semaine. Chadi Garfi a ouvert le bal avec « Fen Tounes : Soixante ans de musique tunisienne » ; un spectacle alliant musique orchestrale et chant arabe. L'affiche était partagée entre des artistes de différents styles tels les grands Adnen Chaouachi, Noureddine El Beji, Mohamed Jebali, Rachid El Mejri ou encore Kacem kefi, qui retrouve le festival après une si longue absence. La grande dame de la chanson tunisienne Soulef était également présente. Pour leur part, Asma Ben Ahmed, Mongia El Sfaxi, et la jeune Nour Kamar, n'ont pas démérité. La prestation de Rochdi Belgasmi a fait beaucoup de bruit. Son style a provoqué l'ire de certaines personnes peu habituées à voir un homme aussi bien en harmonie avec son corps. Une découverte : Faia Younen La syrienne à la voix de velours, qui a fait ses débuts en 2014 avec « Li Biladi », interprétée en duo avec sa sœur Rayhana, a illuminée la scène antique de Carthage le 15 juillet par sa grâce, et son humour. Faia Younen, une voix puissante et engagée a su captiver tout le public présent, qui a chanté en chœur toutes ses chansons. La jeune femme de 25 ans milite à travers ses compositions contre le terrorisme et la guerre, pleure son pays ravagée, mais chante également l'espoir et l'amour et offre à son peuple et à toute l'humanité un message de paix de force et de tolérance. La scène de l'Amphithéâtre romain de Carthage a vibré aux rythmes des « Bendirs » et des chants profonds des hommes en transe d'« El Madha ; Hadhra de Kairouan et du Sahel » de Hmida Jarray le 14 juillet. « Lemdina » de Nefaa Allani a également impressionnée avec une trame sténographique de musique et de danse, lors de la soirée du 17.

Yesmine Mekni
20-07-2017

PRESSE - Du nu à Carthage

Aujourd’hui, en une Tunisie aux élites de plus en plus gagnées par la pudibonderie, le torse nu de l’homme relèverait de la nudité qui choque. Et ce même dans l’art...
12 Nov 2020 Lors de l’ouverture du 53e Festival international de Carthage, jeudi 13 juillet 2017, dans le cadre du spectacle de Chadi 4 Garfi célébrant soixante ans de musique tunisienne, la danse du talentueux chorégraphe Rochdi Belgasmi a fait grincer quelques dents et serrer de rage pas mal de mâchoires intégristes. C’était trop osé pour ces tartuffes ! Déjà le fait de voir un homme danser sensuellement met nombre de refoulés mal à l’aise; que dire alors d’oser le faire le torse dénudé?
En Tunisie d’aujourd’hui, il paraît ainsi que voir un homme danser, torse nu qui plus est, est plus que choquant : une vue à bannir, au point de se voiler la face. La réaction de quelques présents au spectacle, parmi le gratin politique, a été bien instructive à ce sujet. En effet, certains ont «ont caché leur visage», selon le témoignage même du chorégraphe. Une telle réaction insultante pour l’art et pour les rares artistes qui osent encore bousculer la fausse quiétude morale de ces faux dévots a amené Belgasmi à les épingler sur internet en dédiant son oeuvre artistique aux députés d’Ennahdha; il leur a promis aussi une réponse encore plus appropriée à cette hypocrisie lors d’un spectacle à venir. En effet, il y avait des figures éminentes du parti islamiste parmi l’assistance choquée, y compris de ceux qui se présentent comme les moins tartuffes dans ledit parti, tels l’actuel héraut des droits et des libertés, Lofi Zitoun, parlant pour ne rien faire, sinon tromper, et Mahrezia Labidi qui a affecté, il y a quelque temps, de se montrer dans une brasserie ce qui la dispense d’agir, au parlement, à lever l’interdit frappant injustement l’alcool en ce pays tout comme son collègue. Que nos islamistes cessent donc de jouer la comédie: où ils respectent les libertés et aiment l’art et ils doivent alors encourager le nu, ou ils sont des intégristes obscurantistes et doivent l’assumer ouvertement ! Car la danse est de l’art, torse nu ou même intégralement à poil, et notre chorégraphe honore sa patrie avec un tel art haut de gamme, enraciné dans les traditions du pays.
Qu’auraient donc fait nos pudibonds si Belgasmi avait dansé en string, ou à la manière de Joséphine Baker, juste ceint le bas ventre de dattes, comme elle de bananes? Le nu – y compris intégral – est et l’art et ils ont ensemble une histoire l’ayant porté aux nues dans l’antiquité et à l’honneur remis lors la Renaissance occidentale; n’est-il pas, d’ailleurs, une figure obligée dans les écoles de beaux-arts? Il est inadmissible donc que chez des élites supposées servir le peuple on assiste à un comportement comme celui de Carthage, traduisant surtout une méconnaissance terrible de l’âme profonde du peuple de Tunisie. C’est que le Tunisien, artiste dans l’âme, n’a jamais été pudibond dans sa vie privée, surtout quand il se sent à l’abri des rigueurs de la loi, morale et légale, seule responsable d’une pudibonderie affectée, violant ses fondamentaux, étant libertaire dans l’âme. Et ce conformément à la morale authentique de sa religion.
Ni l’islam ni le Tunisien ne sont pudibonds.
Effectivement, c’est la loi scélérate, alliée à la violence des minorités intégristes qui ne sont nullement représentatives du Tunisien authentique, qui émascule nos compatriotes, dénaturant leurs moeurs festives; dans leur authenticité, celle-ci ne simulerait aucune tartufferie s’il n’y avait de telles lois immorales dont la raison d’être est de juste permettre aux gens du pouvoir, civil ou religieux, de contrôler la société en la brimant, comme le faisait la dictature. Le nu n’a jamais été un péché ni une tare en une Tunisie au peuple très sensuel; aussi l’érotisme y est-il très répandu, présent à tous les coins des rues, et même dans les transports publics, pour qui sait observer vivre la Tunisienne et le Tunisien, et surtout survivre intelligemment en un milieu de contraintes légales étouffantes. Il y a juste à noter qu’à cause des lois illégitimes et des milices des moeurs, de tels traits irréfutables du caractère jouissif tunisien prennent une apparence neutre, celle de la convivialité, afin de se prémunir du regard castrateur des tartuffes et des rigueurs de la loi immorale. Ce trait de caractère bien tunisien est ce que j’ai nommé érosensualité dans un essai sociologique sur la libido tunisienne, ‘‘Érosensualité arabe. Sociologie de la libido maghrébine. Tunisie en exemple’’. Rappelons ici que nos lois qui prétendent s’inspirer de la religion la violent véritablement, l’islam n’ayant jamais été pudibond. On se souvient d’ailleurs de la parole consacrée qu’il n’est nulle pruderie en islam. Or, cela va jusqu’au nu intégral, la tradition arabe, nullement prude non plus, autorisant le pèlerinage à la Mecque avec des pèlerins, hommes et femmes, mélangés intégralement nus. Ce qui a été, d’ailleurs, toléré au tout premier pèlerinage de l’islam triomphant. C’est qu’en islam aussi, le nu relève de l’érotisme et de la sensualité et n’est que beauté du moment qu’il n’y a pas présence attestée d’intention coquine. Car on islam authentique, comme le fera la science plus tard, on a su assez tôt distinguer entre le sexe stricto sensu et la libido qui est de l’énergie vitale. Aussi, contrarier la libido, comme le font nos lois scélérates au secours de nos intégristes, c’est faire naître des monstres chez nos jeunes, à l’image de la plupart de nos terroristes désaxés qui sont souvent sexuellement frustrés.
Oser le nu, c’est faire évoluer les mentalités
Notons, pour être juste, que la pruderie n’est pas propre aux islamistes, mais ceux-ci l’aggravent en osant fonder leurs complexes sur une religion innocente de leurs turpitudes, le péché de la nudité n’ayant nulle existence en islam, étant issu, au vrai, de la tradition judéo-chrétienne. Au demeurant, Rochdi Belgasmi a témoigné que certains artistes ou supposés tels, pas nécessairement islamistes, lui ont reproché de dénuder son torse dans son sa danse. C’est qu’à force de croire le nu interdit dans notre religion, on l’incruste dans nos habitudes qui y restent heureusement bien rétives encore. Mais jusqu’à quand? Aussi faut-il oser le nu artistique pour faire évoluer les mentalités. Doit-on alors suggérer à nos autorités, outre l’abolition des lois obsolètes, de songer à multiplier des spectacles plus osés encore sur nos scènes; y compris avec du nu intégral, pourquoi pas ? Il est temps, en effet, que les mentalités évoluent, que le pays sorte enfin de la confusion qui le fait croire un péché ce qui ne l’est pas dans sa religion, mais dans les autres religions du livre, présent à bas bruit dans le corps social. Osons le nu ! Osons faire triompher Éros, cette pulsion de la vie, sur Thanatos, la pulsion de la mort. Encourageons de beaux spectacles dénudés, tels celui de Belgasmi, et bien plus osés encore, et abolissons dans la foulée nos textes juridiques faussement moraux. Il serait temps de laisser libre cours à l’art dans ce pays au peuple qui n’a pas perdu, à ce jour, son âme artiste chantée par nombre de grandes figures de l’art de renommée mondiale.

Farhat Othman
16-07-2017

PRESSE - Un pas de deux pour Ennahdha...

Rochdi Belgasmi mène la danse. Il n'a pas tort, il sait y faire. A Carthage avant-hier soir pour l'ouverture de la 53ème édition du prestigieux festival, l'on ne peut pas dire qu'il s'est emmêlé les pinceaux, au contraire ! La danse, c'est son métier. Sa passion aussi. Lorsque les deux sont inextricablement liés, cela donne des merveilles. Alors après, l'on peut aimer le genre ou pas, c'est une autre question, mais l'on ne peut certes pas être insensible à la qualité de la prestation. Et Rochdi Belgasmi a toujours dansé sur les ailes du vent. Avec un bonheur qu'il n'essaie d'ailleurs pas de cacher. Et qui ne peut être que communicatif. Communicatif ? Voire... Il paraît que certains députés d'Ennahdha, le parti éponyme, présent à Carthage, n'ont pas forcément apprécié que le jeune danseur se produise torse nu. Ou qu'il ait dansé tout simplement. Alors ils ont choisi de se cacher les yeux, pour ne pas avoir à rougir, d'être pris en flagrant délit « d'impudeur » prémédité, en étant pris, la main dans le sac, en train de se rincer l'œil et le bon. Pourtant, cela en valait la peine, car l'Art, est au-dessus de toutes autres considérations. Et la danse est un art ; des fois où ces messieurs-dames, jouant les vierges effarouchées, ne le sauraient pas. Peu importe, avec ou sans leur agrément, avec ou sans leur consentement, avec ou sans leur bénédiction, Rochdi Belagacem a dansé. Qu'est-ce qu'il convient de faire alors ? Applaudir l’artiste…

Samia HARRAR
15-07-2017

PRESSE - Carthage : Rochdi Belgasmi fait rougir des dirigeants d’Ennahdha

La participation du danseur tunisien Rochdi Belgasmi à l’ouverture du 53e Festival international de Carthage n’a pas laissé indifférents certains dirigeants d’Ennahdha.
Lors de son passage dans le spectacle « Fen Tounes » (Art de Tunisie) de Chadi Garfi, qui a été donné dans la soirée du jeudi 13 juillet 2017, le danseur et chorégraphe de 30 ans a été surpris de voir les dirigeants du parti islamiste Ennahdha, Meherzia Labidi et Lotfi Zitoun, présents au premier rang des invités, se cacher les yeux pour ne pas le voir danser torse nue.
L’artiste n’a pas manqué de les interpeller, avec humour, en publiant un statut sur son compte Facebook, à propos de ce «léger incident».
«Je dédis la danse que j’ai présentée au Festival de Carthage à certains députés d’Ennahdha qui ont caché leurs yeux lorsqu’ils m’ont vu», a-t-il écrit.
Dans leur volonté de paraître dignes de ce pays et de ce peuple auxquels ils appartiennent, les islamistes tunisiens s’efforcent d’être «Tunisiens», ce qui est, visiblement, au-dessus de leurs forces. On ne peut tout de même pas leur demander de regarder... un homme danser, qui plus est torse nu! Tout de même... C’est, comme ils aiment dire, «haram». 

Anonyme
14-07-2014

PRESSE - Le rendez-vous se renouvelle ce soir au Théâtre romain

Le rendez-vous se renouvelle ce soir au Théâtre romain, avec le Festival International de Carthage dans sa 53ème édition, (13 juillet-19 août 2017) ; une session qui se veut éclectique et conviviale, qui sera fidèle aux choix de ses pères fondateurs et au goût de son public. Une opportunité renouvelée offerte aux artistes de tous bords, pour proposer leur projet dans les différentes expressions artistiques. «Fen Tounes » : Soixante ans de musique tunisienne est un spectacle imaginé, mis en scène et orchestré par Chadi Garfi, qui traite des étapes artistiques par lesquelles la Tunisie est passée, en revisitant soixante ans de musique tunisienne, toutes expressions confondues. Il évoque les figures emblématiques qui ont marqué la scène artistique et intellectuelle pendant cette période dans une démonstration de l'évolution des tendances musicales tunisiennes au fil du temps. «Fen Tounes » proposera au public, plusieurs scènes de musique sous une forme polyphonique qui fusionne l'écriture orchestrale et les instruments traditionnels avec le chant arabe et l'opéra. Un spectacle riche et pluriel qui présentera également, plusieurs créations spécialement dédiées à cette soirée et qui réunit une pléiade de nos artistes comme, Noureddine Béji, Mohamed Jébali, Adnane Chaouachi, Kacem Kéfi, Rachid Mejri, Asma Ben Ahmed, Soulef et Mongia Sfaxi. Distribution musicale (Hichem Ben Amor), coordination de la chorale polyphonique ( Andréa Saddam), avec l'orchestre et la chorale philarmonique de Tunis , réalisation ( Hatem Derbel), chorégraphie (Rochdi Belgasmi), éclairage (Sabri Atrous). L'orchestre et la chorale philarmonique de Tunis est fondé par Chadi Garfi en 2013 et réunit un bon nombre de professeurs de musique et instrumentistes confirmés et musiciens actifs dans plusieurs orchestres internationaux en Europe. Il s‘est déjà produit aux festivals de Carthage, Hammamet et Boukornine, et s'est distingué dans l interprétation de morceaux de musique classique comme, «Fantasia for Piano» de Beethoven et la symphonie du «Nouveau monde» d'Antonin Leopold Dvorak. Résonances carthaginoises Fidèle à son histoire et renouant avec son passé artistique et culturel, le festival de Carthage, comme l'ont annoncé les organisateurs, va au-delà de la scène mythique de l'amphithéâtre, du musée et de l'Acropolium. Dans sa vision inclusive, il a tenu à intégrer les espaces culturels de la région dans son action . Ainsi, est né « Résonances carthaginoises, un festival culturel riche en colloques, ateliers et spectacles et qui veut s'inscrire dans la durée. En partenariat avec les espaces culturels, l'Agora, à travers « les Matinales de Carthage », Cinévog à travers « Graines de Carthage » et MadArt, « Résonances carthaginoises » se veut un festival de proximité qui consacre la culture de la qualité dans une démarche citoyenne qui provoque la curiosité du public et fidélise les partenaires du festival, en vue de futures éditions...l Bon vent au festival... Que la fête commence !

Sayda BEN ZINEB
13-07-2013