PRESSE - Le patrimoine actualisé

«El Zaglama» est aussi et surtout notre rapport à l'Autre (le colon/l'Occident) à travers les voix du soldat, du résistant (fallega), du détenu, de l'exilé, autant de connotations qui renvoient à la Tunisie ancestrale et actuelle.
«Layali El Saf Saf» viennent, dans leur deuxième édition, enrichir les soirées ramadanesques de La Marsa. Cette édition 2015, qui a pris son élan le 28 juin dernier, se poursuit jusqu'au 16 juillet avec un programme varié. La soirée du 30 juin était dédiée à la danse et au théâtre avec le spectacle «El Zaglama» de Lassaâd Ben Abdallah. Un nombre assez correct de spectateurs présents pour découvrir ou (re)découvrir les chorégraphies de Rochdi Belgasmi et autres chants scénarisés de Cheb Bchir, les deux protagonistes de ce récent travail de Lassaâd Ben Abdallah. Ce dernier, toujours avec le même souci de théâtraliser notre legs oral et musical, nous propose un spectacle qui tente de retrouver une mémoire éparpillée à travers une lecture contemporaine qui en met à l'honneur une dizaine de chants et une quinzaine de performances chorégraphiées. Ses recherches dans ce domaine ont donné, avant cela, ses fameuses «Mensiet» (Les Oubliées), une œuvre qui ressuscitait le patrimoine chanté du nord-ouest tunisien et ‘'El Mensia'' (L'Oubliée, 2014). «El Zaglama» s'inscrit dans la lignée de ces «Mensiet» qui, tout en étant profondément ancrées dans le terroir, dépassaient le simple traitement plat et proposaient une lecture-écriture-interprétation différente de la tradition orale. De même «El Zaglama» parvient à être essentiellement contemporaine (surtout à travers le travail des chorégraphies), tout en portant une empreinte esthétique qui provient de notre inconscient collectif. La terminologie, aussi et bien entendu, suggère ce patrimoine avec un titre tiré du langage dit «guejmi» (une sorte d'argot). En effet, la «zaglama» désigne la «tabla», un instrument de percussion fréquemment utilisé dans les fêtes populaires et symbole de virilité. Dompté par Cheb Bchir, elle sert de fil d'Ariane pour tisser les récits d'une part marginalisée de la société, ceux des laissés-pour-compte. Plus d'une heure consacrée à la matière scénique (chant, danse, tabla) de Lassaâd Ben Abdallah pour construire, avec ses deux protagonistes, le talentueux percussionniste Cheb Bchir et Rochdi Belgasmi, l'une des figures de la danse contemporaine en Tunisie, une histoire dont le propos est suggéré par les textes des chansons populaires, les gestes et autres mouvements sur scène, les costumes, la musique et la chorégraphie des danses traditionnelles. «El Zaglama» est aussi et surtout notre rapport à l'Autre (le colon/l'Occident) à travers les voix du soldat, du résistant (fallega), du détenu, de l'exilé, autant de connotations qui renvoient à la Tunisie ancestrale et actuelle. La mise en scène avec des références et autres renvois actuels s'inscrit dans une certaine lecture contemporaine. Cela est suggéré, entre autres, à travers les allusions faites à la danse classique, la valse, et au flamenco. La danse traditionnelle renaît ainsi autrement sur scène grâce au travail de Rochdi Belgasmi qui retrace l'histoire du «hzem», (un foulard qui sert à ceindre les hanches des danseurs). Le chorégraphe explique que «Zaglama» remonte aux sources des danses de plusieurs régions pour retrouver le sens de ce geste de nouer un «hzem» autour des hanches des hommes.

Meysem Marrouki
02-07-2017

PRESSE - QUAND LA DANSE TRADITIONNELLE DEVIENT UN OUTIL DE LIBÉRATION DU CORPS

Né à Sousse en 1987, Rochdi Belgasmi commence à danser à l’âge de 10 ans. À cette époque, il pratique des danses comme le charleston et le cha cha cha. Toujours attiré par les corps et leurs expressions, il a le souvenir d'imiter les gens dans leur manière de bouger et de danser « Toute leur gestuelle était transcrite dans ma mémoire de corps d’enfant, et c’est à cause de cela que les gens me disaient souvent « tu bouges comme les adultes »… » Après avoir obtenu son bac en 2006, il déménage à Tunis. Souhaitant se professionnaliser en danse, mais ne trouvant pas de formation professionnalisante dans ce domaine, il opte pour l’ISAD (Institut Supérieur d’Art Dramatique à Tunis). Parallèlement, Rochdi pratique la danse en travaillant avec plusieurs chorégraphes tunisiens et en prenant des cours privés en danse classique, modern’jazz et en danse contemporaine. Il déclare dans sa biographie être à la recherche d’un langage alternatif, au-delà du monde ; un langage ou l’on exploite intelligemment le processus de réflexion de la danse contemporaine pour travailler sur les danses locales. Le déclic a lieu lorsque, interrogeant le corpus de la danse contemporaine tunisienne, il rencontre Khira Oubeidallah, figure de danse populaire. Il décide alors d’aller vers les danses populaires tunisiennes pour développer un travail chorégraphique dont la gestuelle, très personnelle, est centrée sur son bassin.
Le dernier spectacle auquel il participe est El Zaglama, de Lassaâd ben Abdallah. Il a été joué au ciné-théâtre Le Rio le samedi 20 février. Il a beaucoup plu, autant au public qu'à notre magazine. Mais que signifie donc le mot « Zaglama » ? « Zaglama » appartient à un langage des souks, el Guijmi, le langage des artistes populaires. Ce mot réfère à un langage très codifié qui mélange l’arabe et l’amazigh, où les mots sont inversés pour leur donner un nouveau sens. Cette inversion permettait de protéger les secrets des métiers de ces artistes. Par conséquent, le Zaglem signifie celui qui pratique la Zaglama, celui qui joue de la Tabla (le tambour de la tradition). C’est d'ailleurs, l’unique instrument utilisé dans ce spectacle. Il reliait el Hayeb, à savoir le danseur (Rochdi Belgasmi) et el Zaglam (Cheb Bechir). L'objectif du travail des deux artistes, sous la direction de Lasaâd Ben Abdallah, consiste à revisiter le patrimoine immatériel et oral de la Tunisie moderne, ainsi que sa mémoire récente, celle du dernier siècle. Leur duo, Rochdi et Bechir, peut rappeler les duos de danse de Zyna w Aziza ou Aïcha w Mamia. On retrouve dans ce spectacle les thèmes abordés par le danseur dans : la libération du corps, une certaine sensualité, le mélange des genres entre danse tunisienne traditionnelle, danse orientale, classique, moderne et contemporaine, et aussi le mélange des genres entre masculin et féminin. Sont aussi présents les thèmes de l'emprisonnement du corps, libéré par la danse, ainsi qu’un désir de sortir des milieux auxquels il se restreint. Le moteur de ce travail a été la révolution, touchant ainsi le cœur de la culture tunisienne. L’actualité de la danse en Tunisie, après le 14 janvier, préoccupe note danseur, par ailleurs attaché à son histoire, dont il tente d'être témoin. Le monde de l'art en général, et de la danse en particulier, a connu une libération postrévolutionnaire. Elle a donné aux artistes le droit à la parole. C’est pourquoi Rochdi nous parle des réformes profondes dont il souhaiterait l'application, comme la remise en cause des politiques culturelles en Tunisie, en revoyant le statut des artistes Tunisiens, ou en étudiant la question du droit d’auteur. « Avant, on trouvait toutes formes de censure, mais aujourd’hui, la révolution nous permet d'aborder tous les sujets. C'est grâce à elle que mon travail aborde des sujets tabous comme la sexualité en Islam, l’érotisme, ou encore le langage pornographique. » La réception de cette approche particulière de la danse par le monde de la danse tunisienne aux fortes influences occidentales pourrait poser problème… Depuis quelques années, le Zaglem s'est redirigé vers les danses populaires parce qu'il remarque que le milieu de la danse contemporaine en Tunisie a complètement rompu avec celles-ci, pour aller chercher des formes alternatives qui « ne nous ressemblent pas. » « Mon travail consiste aujourd’hui à faire une forme de réconciliation, créer le pont entre ces deux formes et trouver la bonne approche pour mettre ces danses populaires qui sont plurielles et riches sur une plate-forme contemporaine. »

Selon lui, il est triste de voir que la collaboration reste rare entre les artistes contemporains aux fortes influences occidentales et les artistes populaires, ces derniers se contentant de l’aspect folklorique de ces danses pour les destiner à un public de touristes. Ainsi, il milite pour l'exportation de la culture tunisienne à l'échelle internationale. Il a été le premier représentant de la danse tunisienne, et également le premier participant tunisien au CID (Conseil international de la danse à l’UNESCO), une instance internationale qui s’occupe des métiers de la danse dans le monde. Cela lui a permis de participer à d'importants festivals de danse, de colloques internationaux et d’être l’ambassadeur de la danse tunisienne et arabe afin de donner une image juste et actuelle de la danse en Tunisie. Il déclare que les programmateurs étrangers le contactent pour la qualité de son travail mais surtout pour son authenticité. Quand on lui demande qui sont les danseurs tunisiens dont il apprécie le travail, il évoque les deux chorégraphes tunisiens Hafiz Dhaou et Aicha Mbarek, qui sont installés à Lyon et qui travaillent sur une certaine « tunisianité » qui l’attire toujours. Il possède également une « fascination pour les arts visuels ». Les artistes dont il apprécie le travail sont entre autres Nidhal Chamekh, Selim Ben Cheikh, Sonia Kallel, Houda Ghorbel, Wadii Mhirii et Mouna Jemal Siala. Il projette de mettre sur pied plusieurs spectacles pour transmettre sa vision particulière. Il prépare son prochain solo, baptisé Weld el Jellaba. Il raconte l’histoire du premier danseur tunisien qui s’est battu contre le conservatisme. Cet ancien danseur tunisien n’a pas arrêté d’embarrasser, voire choquer, son public dans les années 1920. C'est pour cela que Rochdi Belgasmi a fait le choix d'aller vers « raksit el nos », c’est-a-dire les danses du bassin, danses féminines s’il en est, avec une gestuelle frappante que l’on retrouve dans les danses de «Ouled Jelaba». Sinon, il continue à jouer ses deux anciens solos : Zoufri (qui sera donné à Paris les 16 et 17 avril au Théâtre Antoine Vitez, à Ivry).

Sarra Boussen
15-03-2016

PRESSE - « Al Zaglama »... aux JTC !

Rochdi Belgasmi, sera présent en force lors des Journées théâtrales de Carthage:

Dans le cadre des journées Théâtrales de Carthage 2015, L'artiste chorégraphe tunisien Rochdi Belgasmi présentera ses deux spectacles nommés « Zeglema », « Et si vous désobéissez », qui seront à l’affiche des (JTC) pendant cette édition, le premier est déjà passé hier soir à la salle le Rio. Le deuxième spectacle se produira aujourd’hui, le dimanche. Un rendez-vous pris à 20 h à la salle 4ème art avant d’entamer une tournée en dehors du pays. En fait, « Zeglema » est un petit voyage vers un autre monde où se mêlent rythme, danse et chant. « Des personnages célèbres ont participé à ce travail artistique qui révèle d’une part, l’histoire de la Tunisie moderne ainsi que son patrimoine et d’autre part, quatre-vingt minutes pleines d’enthousiasme et de chants, un chant pour et avec l’autre ». dit-il
Le spectacle est sur une mise en scène de Lassaad Ben Abdallah, la chorégraphie est signée Rochdi Belgasmi et Cheb Bechir. Les rôles sont répartis ainsi : Rochdi Belgasmi interprète El Hayeb, Cheb Béchir percussionniste est Ezzaglem, alors que Lassad Ben Abdallah est 'Ennabbar". Tout le travail est axé sur les expressions du corps, qui suivent les rythmes syncopées d’une musique du terroir. Lors de cette édition, le second spectacle « Et si vous désobéissez » sera présenté pour mettre en valeur le thème de la sexualité mais avec le regard d’un artiste. L’hommage est fait aux femmes, bien entendu, puisqu’il est question de traiter de sujets touchant à sa liberté sexuelle. Le spectacle est une sorte de réquisitoire contre la société machiste et une manière de mettre au devant de la scène des préjugés masculins défavorables à la femme. Ce travail artistique a été réalisé par l’artiste suite à une longue observation de son entourage : sa mère, ses voisines, ses amies ....la liberté est la thématique de ce travail artistique de longue haleine. Et qui dit liberté dit liberté d’agir, de penser et de s’exprimer. Rochdi fait remarquer à ce propos, « Le rôle de la femme n’est plus restreint à de simples tâches d’accouchement ou à garder des enfants,... Au contraire, elle a beaucoup milité pour arracher sa place dans la société et prouver qu’elle est capable de donner le meilleur d’elle-même».
Une œuvre autobiographique ? 
« Cette fois, il est nécessaire pour moi de trahir mes ancêtres et de ne plus suivre aveuglément la voie que la tradition et les mœurs me fixaient ! Parce qu’il est déjà plus que nécessaire de ne plus me plier, sans broncher, aux diktats de la famille, du quartier, de la société et de la religion. Depuis ma petite enfance, je me suis trouvé aux côtés de ma mère. Je la suivais partout, dans sa chambre, dans son lit, à la cuisine, et même au Hammam. Mais c'était seulement au seuil de la terrasse qu'elle m’interdisait, d'une voix sûre et grave, de la suivre ». déclare l’artiste qui confie que son œuvre artistique est, en effet, inspiré de son propre vécu. Il est question de sa vie, enfant, avec une femme, sa maman qu’il respecte et chérie. Danseur-chorégraphe, Rochdi Belgasmi est une figure de proue de la danse contemporaine tunisienne. Né à Sousse en janvier 1987, il a été formé en danse chez les plus grands chorégraphes et formateurs tunisiens tels que Nawel Skandarani, Malek Sebai, Hafiz Dhaou, Aicha M’barek... Aujourd’hui, il est professeur de danse-théâtre à l’Institut Supérieur d‘art Dramatique à Tunis (I.S.A.D) et membre du Conseil international de la danse CID auprès de l’UNESCO. Il a travaillé avec différentes instances artistiques en Tunisie et à l’étranger à l’exemple du Laboratoire théâtral tunisien, le Théâtre national tunisien, le Centre national des arts de marionnettes à Tunis,...

Khouloud Amraoui
18-10-2015

PRESSE - Le bilan d'une tournée en Tunisie

«Zaglama» est le troisième spectacle sur le patrimoine rural, de Lassaâd Ben Abdallah, qui vient d'effectuer une tournée en Tunisie.
La première de «Zaglama» a eu lieu au mois de mai avec une cinquantaine d'artistes sur scène. Cette fois, il s'agit d'un petit format du spectacle, une version où l'équipe est réduite avec Rochdy Belgasmi à la danse au mouvement et au geste et Cheb Bechir à la percussion et au chant : «Nous avons intitulé ça une étude puisque ce n'est pas le grand format du début avec cinquante-cinq personnes, dit Lassaâd Ben Abdallah, il s'agit de réfléchir aux questions : quelle image pouvons-nous donner à notre patrimoine oral et à notre danse? Ce patrimoine est confronté à d'autres danses, à d'autres sonorités et nous essayons de donner cette image sans le recours avec deux personnages uniquement. Nous avons donc fait ce travail sur un corpus bien précis; ce n'est pas le patrimoine oral du Nord -Ouest et sur la frontière algérienne, mais c'est beaucoup plus sur une mémoire relativement courte où nous parlons de l'autre et de sa présence en Tunisie , l'autre en tant qu'algérien, marocain, français, allemand ou italien». Ce spectacle destiné à toucher plutôt des nationalités que des régions, des nationalités de «colonisateurs» de «guerrier» ou «ami». Dans tout ce contexte, Lassaâd Ben Abdallah a travaillé sur une douzaine de chansons de la danse et du mouvement. Une heure et quart de pur spectacle qui rend hommage à notre patrimoine de manière astucieuse et attachante. Après deux cycles de représentations au Rio et trois représentation au mois de Ramadan, le spectacle est parti en tournée sur toute la Tunisie avec sept représentations de Tamerza jusqu'à Bousalem en passant par le Sahel sur différentes scènes dans la rue ou dans des théâtres de plein air . « Sept représentations, c'est bien mais c'est peu, a ajouté Lassaâd Ben Abdallah, c'est bien parce que c'était un effort personnel. Nous n'étions pas subventionnés en amont, d'accord c'était un choix personnel mais après nous avons présenté des dossiers pour être subventionnés sur les représentations et c'est tout à fait normal. Mais nous n'avons rien eu. Ce qui m'étonne le plus à part les subventions du ministère de la Culture, c'est le fait que les grands festivals ne sont pas venus voir ce spectacle pour le sélectionner». C'est aussi l'une de ces motivations qui ont poussé le metteur en scène à entreprendre cette tournée qui a englobé aussi Layali Safsaf ou dans un festival éclaté sur quelques hôtels à Djerba. Cette tournée a permis aussi à Lassaâd Ben Abdallah de faire un constat socio-politique : «Nous sommes à Tunis, on entend les résultats des élections et on entend parler d'un pays en proie à un terrible clivage, dit-il, mais en fin de compte la réalité à l'intérieur du pays me semble différente. Finalement et en prenant les choses avec relativité, il n'y a pas ces clivages dont on parle et même si le spectacle était parfois provocateur , nous étions en osmose avec le public. C'est carrément très relatif cette histoire de pays divisé». Dans ce bilan de la tournée, Lassaâd Ben Abdallah n'hésite pas à dire ce qu'il pense de la culture. «Le ministère de la Culture fonctionne comme dans les années soixante à l'époque de Chedly Klibi, dit-il, c'était un grand bonhomme, sa politique était géniale à cette époque. Aujourd'hui, nous vivons une autre époque. C'est un modèle qui a été amélioré par des décrets et des lois, mais il est resté le modèle Chedly Klibi. Les jeunes ont aujourd'hui une autre manière de voir l'art et la culture. Sommes-nous vraiment au diapason. C'est là où j'invite la première responsable du ministère de la Culture à réfléchir sur le devenir de la culture. Comment va être par exemple le ministère de la Culture dans la gouvernance locale? Quelle sera son image dans ce programme? Pourquoi ne nous fixons pas d'objectifs culturels à ces responsables qu'on vient de nommer à travers les gouvernorats? Le problème, c'est qu'il n'y a pas de vision claire dans tout ça! La politique des subventions a toujours été à la tête du client et ça se poursuit encore. C'est peut-être pire qu'avant ! Ces subventions semblent ne pas avoir des paramètres clairs. La solution, ce n'est plus d'attendre des dossiers qui arrivent mais faire des choix de genres à encourager et demander des projets dans ce sens. Ça peut être des choix par exemple pour encourager le film comique, le documentaire ou le théâtre de rue, qu'importe ! Mais il faut effectuer des choix et faire une politique d'accompagnement surtout pour les jeunes. A-t-on idée que la première pièce de théâtre d'un jeune ne soit pas subventionnée? Il faut faire des contrats programmes et engager des gens sur des projets».

Salem TRABELSI
29-08-2015

PRESSE - La danse comme une transgression jubilatoire

Le spectacle remet à jour ce patrimoine tombé vite dans l'oubli et reconstitue dans ses fragments la relation avec l'autre.
Quatorze ans après « Mensiet » (les Oubliées), puis « Mensia » (l'Oubliée - 2014), le metteur en scène Lassaâd Ben Abdallah boucle le tryptique avec « Zaglam » (le tabel ou joueur de tabla). Le spectacle réunit un duo à l'audace remarquable. Un premier cycle de ce spectacle produit par Habib Bel Hédi est programmé au Rio du 22 au 24 mai. Quand on sait qu'une émission de télévision a été annulée en raison de la présence d'une danseuse qui effectuait un numéro de danse du ventre, que dire d'un spectacle où les deux protagonistes sont des hommes : l'un, Cheb Béchir, le Zaglama (zaglama est dans le langage guejmi la tabla), une sorte de brute, bien bâti aux bras tatoués et El-Hayeb, Rochdi Belgasmi, un danseur frêle comme un papillon mais à l'énergie foudroyante, qui danse durant une heure, quinze sans répit. Mix traditionnel et contemporain La représentation s'ouvre par un numéro à la Michael Jackson, le pape de la danse pop apprécié par plusieurs générations de jeunes. Ce numéro, comme celui de la fin, qui est une valse, sont des digressions. « A mon âge, je peux me permettre ce genre de felta (digressions)», déclare, Lassaâd Ben Abdallah qui a tenté de faire un mix entre traditionnel et contemporain, d'où l'utilisation de l'iphone pour l'extrait de musique de la valse de Strauss. Les textes, chantés par la voix éraillée et rocailleuse par l'alcool et le tabac de Cheb Béchir, racontent d'une certaine manière la Tunisie. Ils sont issus d'un patrimoine transmis oralement par les aînés. Il s'agit d'une mémoire assez récente éparpillée ici et là. Ça parle des Italiens, des colonisateurs français, des Allemands qui ont fait un passage par la Tunisie lors de la Seconde Guerre mondiale, des alliés américains, des Algériens qui se sont réfugiés en Tunisie durant l'époque coloniale. Un corpus de chansons glané ça et là pour reconstituer une mémoire dont les traces sont visibles dans les hangars délaissés, les constructions qui menacent ruine. La relation avec l'autre Le spectacle remet à jour ce patrimoine tombé vite dans l'oubli et reconstitue dans ses fragments la relation avec l'autre : le colon violeur qui non seulement ne veut pas reconnaître ses crimes et ses délits, mais continue encore à fermer ses portes aux jeunes qui aspirent au départ. La chanson sur Marseille ou celle de la prison du « roumi » (l'occidental) renvoie à cet enfermement. Le travail de la danse a été effectué sur le pas tunisien et Lahzam ( la ceinture), qui «crée actuellement une polémique au Sud la Tunisie», martèle Lassaâd Ben Abdallah. Le dispositif mis en place bannit les tabous et les cloisons. La lumière agressive et les cordes servent à écraser les protagonistes. Aidés par la boukha (liqueur), ces derniers vont se déchaîner puis s'abandonner jusqu'à la transe. Les pas du danseur se font didactiques puis évoluent progressivement à un rythme soutenu. Spectacle pluridisciplinaire, Zaglam est fait de chorégraphie, théâtre et musique utilisant des fragments répétés dans des variations subtiles où le corps est sublimé. Il nous libère d'un regard rétrospectif et folklorique pour nous transposer dans l'univers poétique des « voyous » et des zoufris qui se servent de la partie érotique de leur corps (l'un la taille et l'autre le bras) grâce aux rythmes transmis par cet instrument de percussion Zaglama, symbole de virilité dans les fêtes populaires mezzoued. Entre passé et présent, tradition et modernité, les trois interprètes : Cheb Béchir Zaglam (le percussionniste), Rochdi Belgasmi El-Hayeb (le branleur), et Lassaâd Ben Abdallah El-Nabbar (le commentateur) ont rallié le Nord avec le Sud, l'Est avec l'Ouest en traduisant d'une manière puissante les voix des laissés pour-compte qui n'ont plus que le chant et la danse pour s'exprimer. Le trio a réalisé un excellent travail notamment le danseur qui a appris à danser grâce à Khira Oubaydallah et Zohra Lambouba, icônes de la danse traditionnelle tunisienne.

Neila Gharbi
20-05-2015

PRESSE - Théâtre du présent au miroir du passé

S’il est un artiste qui a de la suite dans les idées, c’est bien lui. Depuis qu’il ya quelques années il a commencé, avec le Centre des arts dramatiques et scéniques du Kef, à s’intéresser à la problématique de la théâtralisation de ce que nous a légué la tradition orale et musicale, Lassaad Ben Abdallah n’a cessé d’affiner sa recherche dans ce domaine passant ainsi des ‘‘Mensiet » (Les Oubliées) à »El Mensia’‘ (L’Oubliée, août 2014), à »El-Zaglama’‘.
»El-Zaglama », tel est le titre de sa dernière création. Le point de départ de ce spectacle qui scénise chant, danse et lumière, et que les journalistes ont eu l’occasion de découvrir en avant-première le vendredi 15 mai 2015, au ciné-théâtre le Rio (Tunis), est une chanson d’El Mensia, «Hmama Taret» (un pigeon s’est envolé), interprétée par Rochdi Belgasmi.
Pourquoi ce titre? Dans le jargon des marginaux dit «guejmi», la «zaglama» désigne la «tabla», cet instrument de percussion fréquemment utilisé dans les fêtes populaires et symbole de virilité. Ici, elle sert de base à l’élaboration d’un spectacle qui relate la condition des laissés pour compte.
Pendant 1h15 mn, le public aura se délecter de la construction d’une histoire dont la teneur lui est suggérée par les paroles, les gestes, les mouvements, les costumes, la musique et la chorégraphie. Des chansons puisées dans le réservoir de la mémoire collective et réunies ici pour la première fois lui feront découvrir la relation à l’Autre en tant que soldat, en tant que colon protecteur mais aussi entant qu’objet de désir. Ce retour au passé n’a cependant rien de nostalgique; il s’inscrit plutôt dans une contemporanéité qui refuse de soumettre le patrimoine à une vision folklorique et surannée.
Les voix des marginaux qui émanent des montagnes, des prisons et des lieux d’exil nous renvoient l’image d’une Tunisie à la fois ancestrale et actuelle. Dix chants et quinze performances seront là pour nous en donner la preuve.
Trois personnages typiquement populaires auront pour tâche de rendre vivant ce passé-présent. Ils s’appellent El-Hayeb (le branleur), El-Zaglem (le percussionniste) et El-Nabbar (le commentateur). Ils sont respectivement interprétés par »El Zaglama », spectacle mis en cohérence par Lassaad Ben Abdallah et produit par Habib Belhédi.

Hamdi Hmaidi
16-05-2015

PRESSE - Zaglama» ou la mémoire des danseurs

Produit par Habib Bel Hédi, le nouveau spectacle de Lassaad Ben Abdallah entame un premier cycle au Rio et s'inscrit dans la lignée des œuvres oscillant entre mémoire populaire et art contemporain. Un alliage subtil avec en prime la fougue créatrice de Rochdi Belgasmi et Cheb Bchir...
Enfin! Lassaad Ben Abdallah est finalement de retour avec une nouvelle création et cette œuvre qui sera présentée en avant-première aux journalistes ce vendredi 15 mai promet monts escarpés et merveilles anticonformistes. Un premier cycle de ce spectacle produit par Habib Bel Hédi est programmé au Rio du 22 au 24 mai. Il s'agit en effet d'un spectacle dans la lignée des fameuses «Mensiet» qui ressuscitait le patrimoine chanté du nord-ouest tunisien. «El Mensiet» de Lassaad Ben Abdallah avait connu en son temps un succès fulgurant et mené cette création aux quatre coins de la République. Cette œuvre profondément ancrée dans les terroirs sortait des terrains battus de la création et proposait une lecture-écriture-interprétation différente de la tradition orale. Comment débusquer les bribes de l'inconscient collectif? Bien entendu, on ne saurait résumer Ben Abdallah à une œuvre, fut-elle aussi emblématique de nos arts contemporains du spectacle. Car en soi, «El Mensiet» est un paradoxe en ce que cette œuvre parvient à être essentiellement contemporaine tout en portant une charge esthétique qui provient de nos tréfonds, de cet impalpable inconscient collectif dont les racines sont plantées dans un limon immémorial. Hormis «El Mensiet», Lassaad Ben Abdallah est un créateur qui cultive l'art du décalage. Ainsi est-il parvenu, tout en étant directeur du centre national des arts dramatiques et scéniques du Kef, à créer l'une des œuvres les plus sulfureuses du théâtre tunisien. Intitulée «Bakhara», cette création à laquelle une critique paresseuse n'avait pas prêté suffisamment attention était le premier manifeste artistique dénonçant les errements du système politique dominant. Sans un mot, seulement avec leurs corps, trois comédiens se lançaient dans une danse aussi sulfureuse que violente, pornographique au sens étymologique du terme. De la sorte, Ben Abdallah signait un pamphlet voire un brûlot. La réponse de l'establishment fut d'ailleurs très vive puisqu'après deux ou trois représentations, ce spectacle fut censuré, sans espoir de revenir sur scène. L'œuvre a ainsi été discrètement escamotée et Ben Abdallah a poursuivi son chemin. Le parcours de ce créateur venu du théâtre privé et qui y revient après un passage par le secteur public est des plus impressionnants. D'abord animateur de Cith'art, une compagnie privée, il a créé plusieurs œuvres dont des adaptations de Jean Genet ou Samuel Beckett. Ben Abdallah est aussi le créateur de «Taqassim», une œuvre dans laquelle, jeune metteur en scène, il dirigeait deux monstres sacrés du quatrième art, à savoir Béchir Drissi et le regretté Jamil Joudi. Passé dans le secteur public en devenant directeur du centre d'art dramatique du Kef, Ben Abdallah a continué son travail de créateur tout en invitant de nombreux artistes à travailler dans cette ville du nord où il allait créer les toujours dynamiques «24 heures de théâtre non stop». Ensuite, il se dirigera vers Hammamet pour y animer le centre culturel international auquel il redonna des couleurs malheureusement ternies aujourd'hui. Légèrement en retrait ces dernières années, il a contribué à plusieurs actions menées par l'association «Kolna Tounés» et le voici qui reprend enfin sa casquette de créateur pour «Zaglama». Brecht, Pina Bausch, Ariane Mnouchkine et... notre patrimoine Pour cette nouvelle œuvre, une belle équipe a été constituée avec notamment Rochdi Belgasmi, le chorégraphe danseur qui a le vent en poupe, et Cheb Bchir dont le public va bientôt découvrir les talents de percussionniste tout terrain. Sur scène, ce duo interprétera avec Ben Abdallah qui devrait remonter sur les planches, les rôles de El Hayeb, El Zaglem et El Nabar. Assistant de production, Hassib Jeridi complète l'équipe avec Taha Jabbari chargé du son et de la lumière et Abdesslem Jmel qui assure costumes et maquillage. Le peu d'éléments dont nous disposons avant l'avant-première du spectacle permettent de dire que «Zaglama» est une tentative de retrouver une mémoire orale éparpillée, que cette œuvre s'articule sur une dizaine de chants qui devraient être interprétés par Cheb Bchir et aussi que le dispositif scénique devrait surprendre le public. Ainsi, la danse traditionnelle devrait renaître sur scène dans ce spectacle qui, selon Rochdi Belgasmi, «retrace l'histoire du hzem», ce foulard dont les danseurs vont ceindre leurs hanches. Le spectacle, toujours selon Belgasmi, fait aussi allusion à la danse classique, la valse, le flamenco et les claquettes. Le chorégraphe explique que «Zaglama» remontera aux sources des danses de plusieurs régions pour retrouver le sens de ce geste de nouer un hzem autour des hanches des hommes. Café chantant, rboukh et sadawi devraient donc être évoqués sur fond de retrouvailles avec les profils de Hamadi Laghbabi, Hédi Habouba et Ismaïl Hattab. «Zaglama» devrait aussi valoir pour son travail sur la lumière avec un éclairage qu'on dit non conventionnel et qui ne devrait s'appuyer sur aucun projecteur traditionnel. Enfin, les costumes devraient souligner l'aspect débridé du spectacle et les quelques bribes déjà révélées donnent un avant-goût de ce que sera «Zaglama». Connaissant Ben Abdallah, sa rigueur et ses nombreuses références, gageons que cette nouvelle œuvre sera une confluence surprenante entre le patrimoine tunisien et un alliage dans lequel se refléteront Brecht, Pina Bausch ou Ariane Mnouchkine. N'est-ce pas cela l'art contemporain? N'est-ce pas cela la modernité?

Hatem BOURIAL
15-05-2015

صحافة - الزقلامة محاولة لجمع التراث الموسيقى التونسى المتناثر

عرض الزقلامة أو الطبلة بلغة الفن الشعبى هو عرض فنى من اخراج الفنان الاسعد بن عبد الله سعى من خلاله هو والفريق العامل معه لجمع التراث الموسيقى التونسى المتناثر. ويعتمد الزقلامة الذى قدم عرضه الاول اليوم بالعاصمة على مكونات متعددة منها الاغانى التراثية والحركات والايماءات والرقص اضافة الى الملابس والاضواء. وفى تصريح ل أعرب بن عبد الله عن أمله فى أن يحظى هذا العمل بدعم الهياكل المختصة وخاصة وزارة الثقافة والمحافظة على التراث باعتبارها مسوولة عن حفظ هذا الجزء الكبير من الذاكرة الوطنية الا وهو الذاكرة الموسيقية الشفوية التى يجرى حاليا تجمعيها وتبويبها . وتتمحور الاغانى الشعبية المعتمدة فى هذا العرض حول العلاقة مع الاخر سواء كان الاخر المستعمر أوالحامى أوالجندى أوالاخر المثير للرغبة وتكون نقطة الانطلاق مع مع الرقص التقليدى أو الخطوة التونسية كما يحلو للمخرج تسميتها. وشدد بن عبد الله على أن هذا العرض الديناميكى يسلط الضوء على التراث اللامادى مع البحث فى حداثته دون تشويه روحه 0 ويرمى هذا العرض الذى يومنه كل من رشدى بلقاسمى الهياب والشاب بشير الزقلام الى اضفاء لمسة حداثية لشفوية متروكة مقفلة ومتكلسة عادة ما تكون صورتها فولكلورية فى العديد من التعبيرات الفنية لتكون أقرب الى الانثروبولوجيا. ويقدم الفنانان مجموعة من الحركات بما تحمله الحركة من معانى كسلطة وكسلوك بشرى يتجلى فى الغناء والرقص والتعويذات والنوبات والتخميرات وغيرها. ولغة الحركات كما يقدمها المخرج الاسعد بن عبد الله هى نبع التعبيرات الانسانية التى يقوم من خلالها المودى بحركاته الجسدية التلقائية والارادية لتجعل كل الحواس مستنفرة ومستعدة للتشابك بين العاطفى والجسدى . وخضع عرض الزقلامة لتسلسل غنائى بدأ بموال صالحى تلته أغنية نحوس فى البلدان أتجول ثم عيشة ومامية و القريب و بنت الدلال والهمة الى جانب شهود الباطل و الرومى و فرنسا و الامريكان و الالمانى و حمامة طارت ويستحضر هذا العمل الفنى سير وأماكن وجنسيات مختلفة من الجزائر وفرنسا وايطاليا والمانيا وأمريكا ليشكل مجموعها جزءا من الذاكرة. وعمل الجسد فى الزقلامة على انشاء خطوط ومنحيات بينما أنتجت الاصوات موجات وضربات وايقاعات وقامت الاضواء على القرب والجوار حينا وعلى الابهار حينا اخر ليقدم هذا العرض مشاهد يتداخل فيها التوتر والسلطة والصداقة والضحك فى فضاء مغلق كتب لخطاب يقوم على احياء المنسى ويذكرنا بزمن ليس بالبعيد.

المصدر
15-05-2015

صحافة - أغاني للحب والنسيان في عرض "المنسية" قرطاج

بعشرات العازفين والراقصين والمغنين، قدم الفنان المسرحي لسعد بن عبد الله عرض "المنسية" الذي نال إعجاب الجمهور الحاضر الذي صفق للأداء ورقص على أنغام أغان ألف بعضها واكتشف بعضها الآخر في سهرة ستبقى عالقة في الأذهان بحسب ما صرح به العديد من المتابعين لدى خروجهم من المسرح. المنسية عرض غنائي فرجوي ولد من رحم الخوف من اندثار التراث من الذاكرة الجماعية ومن الرغبة في إعادة إحيائه دون تشويهه، وهو عرض يجمع بين فنون الغناء والرقص والفرجة مستلهما تراث جهات عديدة من تونس وحتى مدينة تبسّة في الجزائر، في رحلة تنطلق من دوز إلى قفصة إلى القصرين إلى تبسّة في الجزائر إلى الكاف وصولا إلى تونس العاصمة. صالح الفرزيط، عبد الرحمان الشيخاوي، التليلي القفصي، العروسي الزبيدي، سعيد اللموشي الجزائري وغيرهم من الفنانين، أثثوا بأصواتهم وأغانيهم سهرة من ألف ليلة وليلة تونسية بأغان مثل "لسود مقروني"، "قمرة على قمرة"، "ليلة ملقاك" مع لوحات إيقاعية وكوريغرافيا للفنان رشدي بلقاسمي وباستعمال آلات الدربوكة، الطبلة، البندير، الطنقورة، المزود والزكرة. فكرة العرض بحسب رشدي بلقاسمي المشرف على الكوريغرافيا، تتمحور حول السفر، حيث تم الانطلاق من بلد لآخر وما يرافق ذلك من تغييرات في الموسيقى من الطبوع والايقاعات والرقص، فلكل جهة لها إيقاعاتها وأصواتها التي تختص بها. بدأ العرض بعبارات استهلالية، والثناء على الرسول محمد،ثم استمر مع اثنين من الأغاني على شرف الوليين الصالحين "سيدي بومخلوف" (الذي يقع ضريحه داخل أسوار مدينة الكاف التي يطل عليها من علي) و "البحري بومفتاح" الذي يقع ضريحه في سهل خارج اسوار المدينة تغمره المياه خلال الفيضانات الكبرى. و الى جانب البعد الروحي و الصوفي الذي اضفته هده الأغاني عند انطلاق العرض فهي تقدم وصفا للمكان الدي تجري فيه وقائع الاناشيد الموالية حيث تتكشف احداث الدراما الغنائية. و استمر عرض الاطار المكاني مع الأغنية الثالثة "الريم مروح" بوصف جبال (الكاف ,الدير, الجريصة وعين سنان) محددا الفضاء و المكان الدرامي حيث تمتزج حكايات و خيبات أمل الحب و تتمزق عواطف العشق وأفراح و اتراح الرجال والنساء. هذه الأغاني وضعتنا داخل الديكور ومكنتنا من رؤية شخصيات تحترق مشاعرها في نشوة الحب والخمر: حمة، صالحة، دليلة، فاطمة، صلوحة، هنية، تراكي، بالرمضان ... هده الشخصيات تسرد الأحداث في خمسة عشر أغنية الموالية لتصل إلى النشوة النهائية.. اما عن خاتمة العرض فقدمت في الاغنيتين الاخيرتين وهي أغاني صوفية للعيساوية: "سيدي عمر" و "ماني وليدك".

التونسية
16-08-2014