PRESSE - Entre le mystique et le mystère

La grande marionnettiste tunisienne Habiba Jendoubi et le jeune; mais non moins talentueux, chorégraphe Rochdi Belgasmi se sont, de nouveau, associés pour la création d’un spectacle alliant danse et marionnettes. Mais pas n’importe lesquelles… La nouvelle création mise en scène par Habiba Jendoubi et chorégraphiée par Rochdi Belgasmi peut avoir plusieurs lectures possibles. Ces interprétations dépendent de l’appréciation des différentes personnes composant un public. Lorsque nous avons vu les 12 minutes des 35 du spectacle, notre interprétation personnelle est directement allée vers la création; la création comme travail du potier puis la création divine de l’homme. notre a été accentuée par des musiques quasi mystiques accompagnant la partie que nous avons pu visionner. 
Mais qu’est ce que « Genèse » ? C’est l’histoire d’un homme qui pénètre dans une aire. Trouvant une manière malléable, il décide de l’abreuver d’eau et de la travailler pour créer des personnages non pas à son image, mais qui lui serviront de modèle pour modeler son propose visage à leur image.
A l’aise avec la glaise…
Le corps de l’homme se meut pour se confondre avec la matière. Un corps fragile comme l’argile, mais à l’aise avec la glaise… La boue argileuse a des propriétés essentielles comme celle de générer la vie. Le danser marionnettiste génère la vie sans pour autant se prendre pour le Divin. Il prend uniquement exemple sur ce dernier pour faire des créations, qu’il défait aussitôt, comme s’il était insatisfait de ce que son corps, pieds pour pétrir la glaise et mains pour créer, façonnait. Ne fait-il pas et ne défait-il pas également pour ne pas blasphémer? Car, si l’on prend, dans la Bible, Esaie 64; 8, il est dit « Cependant, O Eternel, tu es notre Père; Nous sommes l’argile et c’est Toi qui nous as formés, Nous sommes tous l’ouvrage de Tes mains ». Dans la sourate 23 (Les croyants) du Coran, il est dit, au verset 12: «  Nous avons certes créé l’homme d’un extrait d’argile ».
L’argile, qui une fois mouillée devient glaise,est donc un élément essentiel de la création de l’homme. Mais l’homme a-t-il le droit de l’utiliser pour créer à son tour des personnages auxquels il insuffle un semblant de vie grâce a ses mouvements de corps?
«  Genèse » soulève également, et à notre avis, le problème de la liberté de création cher l’artiste. Ce dernier doit-il aller jusqu’au bout de son oeuvre ? Ou doit-il prend en compte certaines données pour ne pas heurter les sensibilités? Mystère ….

Zouhour Harbaoui
09-07-2015

PRESSE - Un spectacle en mouvement et en métamorphose

La marionnettiste Habiba Jendoubi, avec la complicité du danseur et chorégraphe Rochdi Belgasmi, répète actuellement un nouveau spectacle de danse et de marionnettes intitulé: « Genèse » Dans une nouvelle approche artistique, Habiba Jendoubi, qui poursuit son parcours artistique, depuis plus de vingt années avec sa compagnie: «  Domia Production », a choisi d’arpenter le chemin d’une nouvelle aventure qui fait appel à plusieurs expressions artistiques. Il est vrai, aujourd’hui, que la danse marque sa présence, si on ose dire, dans les spectacles visuels, sinon dans les créations théâtrales à travers le monde.
Ce spectacle, d’une durée de 35 minutes, est une rencontre et un dialogue entre l’individu (le danseur et chorégraphe Rochdi Belgasmi qui été fasciné par la dramaturgie corporelle et qui est très vite tourné vers la danse avec une approche multidisciplinaire) et la matière (l’argile) en mouvement et en métamorphose . Cette matière matérialise la pensée et les émotions. L’artiste mènera une bataille à la fois concrète et imaginaire avec la matière qui le prend et le transporte, allègrement. Elle lui permet de se rechercher intérieurement, des chercher lui-même. Une quête douloureuse, parfois, entre la matière et le mouvement.
Habiba Jendoubi considère, d’ailleurs, que « la marionnette est source de fascination et d’expression et quelle l’est, surtout, quand elle est au croisement des arts plastiques et du théâtre ». La bande sonore de « Genèse », «  qui joue, quelques part, le rôle de la matière », est ancrée dans le patrimoine tunisien, celui des frères Radha et Ahmed Kalaii.
Ce spectacle promet, dans la mesure où il sort des sentiers, jusque-là balisés par se créatrice et productrice et reste en devenir. Un work-in-prgress? Attendons voir.

Lotfi BEN KHELIFA
11-07-2012