PRESSE - Rochdi Belgasmi, la révolution par la danse

Comme une femme et comme un homme. Il réveille les danses traditionnelles de Tunisie pour faire bouger les mentalités. Portrait du danseur-chorégraphe Rochdi Belgasmi. Le printemps arabe par le corps.

"J'ai vu comment mon père s'est comporté avec ma mère. Ma mère était vraiment une femme soumise. Elle ne voyait la vie, l'extérieur qu'à travers le trou de son safseri (voile blanc traditionnel tunisien, ndlr). Le seul moment où elle se sentait libre, capable d'être dedans et dehors à la fois, c'était sur le toit de sa maison. Quand j'étais enfant, je voulais moi aussi être sur le toit avec elle, mais elle me chassait. Elle se cachait derrière les draps qui séchaient et elle regardait la rue. Les hommes dans les cafés, assis aux terrasses. Elle aussi aurait voulu s'assoir en terrasse, pour rien, seulement comme ça". Rochdi Belgasmi danse. Et il est tunisien. L'un ne va pas sans l'autre. L'un dit l'autre. Un artiste qui casse tous les codes et tous les genres. Formé à la danse classique et contemporaine "occidentale", précise-t-il.

"J'ai récupéré le langage de la rue. J'ai rempli la distance entre la vie et l'art. Je n'ai plus eu besoin d'utiliser le langage occidental de la danse."

En 2011, après la révolution, il change "de langage". "Nous, les artistes, nous avons à ce moment-là, récupéré le langage tunisien. Avant, nous étions dans une approche sublimée de l'art, presque utopique. Mais l'art est venu de la rue. J'ai récupéré le langage de la rue. J'ai rempli la distance entre la vie et l'art. Je n'ai plus eu besoin d'utiliser le langage occidental de la danse. J'ai appris à nouveau des mouvements, des gestes qui étaient en moi, autour de moi, qui me rattachaient à la terre et qui font partie de notre patrimoine." À la terrasse d'un café du 11e arrondissement de Paris, Rochdi sort de deux heures de workshop. Ses muscles sont encore tendus mais "il n'a plus mal nulle part", porté par la danse jusqu'au lendemain matin "comme une libération". Il grignote une planche de fromage avec un verre de vin blanc. Il aime la raclette mais ce n'est pas de saison.

Qu'est-ce qui prédisposait Rochdi à la danse ? Il ne le sait pas lui-même.

Mais il danse depuis longtemps, depuis toujours. Il est né il y a 32 ans dans une famille nombreuse de Sousse, avec des frères, des sœurs, des demi-frères et des demi-sœurs, d'un père "Don Juan".
En revanche, il sait pourquoi la sensualité fait partie intégrante de son travail. Pourquoi il danse déguisé en femme, pourquoi il veut changer le regard sur les genres. Car "en femme, tu t'approches du corps tabou, du corps dangereux, du corps désirable. Et ainsi non seulement tu fais vaciller le féminin mais aussi le masculin".

En 2013, il crée "Zoufri" un spectacle où il revisite le Rboukh, danse des ouvriers de la fin du 19ème siècle. Les travailleurs se retrouvaient alors dans des "cafés chantants" et dansaient leur quotidien au travail, l'effort physique, mais aussi et surtout leurs vies sexuelles et leurs frustrations. Rochdi monte alors sur scène en bleu de travail, enlève le haut assez rapidement, se ceint les hanches d'un foulard traditionnel et au rythme des tambours tunisiens rejoue le travail et le désir, l'hédonisme et la sensualité. "Je bougerai mes hanches de rêves en rêves, de bord en bord", écrit-il en présentation de cette création. Lors du festival de Carthage en 2017, alors que Rochdi interprète "Zoufri" torse-nu sur la scène, des députés du parti Ennahda (parti islamiste tunisien), assis au premier rang, se cachent les yeux, tournent la tête pour ne pas voir ce corps et ces gestes. Il sera ensuite menacé de mort par des salafistes.

"En femme, tu t'approches du corps tabou, du corps dangereux, du corps désirable (...) tu fais vaciller le féminin mais aussi le masculin."

En 2017, il joue un homme souvent nu, magnifique et magnifié, devenu la muse d'une jeune photographe dans L'amour des hommes, un film de Mehdi Ben Attia. Encore une fois, les conservateurs tunisiens frémissent d'horreur face à ce corps "masculin exposé, maté, tentateur et cette femme devenue spectatrice et non plus objet". Rochdi dérange les esprits étroits car tout dans son travail les provoque, les hérisse, les remet en cause. Mais il insiste, pousse à sortir des genres, à accepter le féminin dans le masculin. Briser les frontières qui définissent ce qui est homme et ce qui est femme, dans une société au fond très normée malgré la révolution. Non seulement, il se revendique féministe - ce qui pour certains en Tunisie est déjà une altération de la virilité - mais en plus il veut réintroduire le corps dans la rue. Faire exploser au grand jour, la sexualité masculine, tout aussi tabou que la sexualité féminine. Faire apparaître les fragilités des hommes à travers leurs désirs. Obliger les hommes à accepter leur propre sensualité afin que le "corps social" enfermé dans des représentations masculines laisse la place à la femme. Lorsqu'il se produit dans la rue, il invite les gens à le rejoindre pour danser aussi. Il occupe alors l'espace public, non seulement avec son corps mais aussi avec le corps des autres. Ici et là, il propose des ateliers ouverts aux femmes et aux hommes pour réapprendre ces danses populaires, parfois oubliées. "C'est un art éphémère, car sa grammaire n'est écrite nulle part. Il faut le transmettre et le partager." Car la danse de Rochdi Belgasmi est profondément politique. Elle questionne et bouscule. "On est dans un pays qui a besoin de secouer les choses, de les bouleverser, de les provoquer. Je le fais tous les jours. Mais nous avons besoin aussi, de partages, de joies, de vivre ensemble. Mon travail s'appuie sur les deux. Il est très sérieux et très tranchant. Mais je le fais à travers la danse et la danse populaire. À travers le sourire et l’énergie."

"Je veux que les choses changent en Tunisie, que les mentalités changent et évoluent ainsi que les lois. » 

Quand Rochdi danse, ça ressemble parfois à une lutte tellement la force qu'il va chercher au fond de lui peut-être dévorante. Il ne s'en rend pas compte mais son visage aussi a ces deux faces, la tempête et la joie qui emportent successivement tout le monde sur leur passage. Parfois, il se crispe en dansant, sa lèvre supérieure remonte, ses yeux ne clignent plus, presque révulsés. Et puis le sourire gagne la bataille, la bouche s'ouvre, il regarde les gens autour de lui et il rit. Puis à nouveau une vague dévorante et énergique, d'abord sourde faite de tambours lourds, de terre et de passé apparaît et à nouveau le rythme, l'ondulation et la joie transpercent le reste. "Je veux que les choses changent en Tunisie, que les mentalités changent et évoluent ainsi que les lois. Je veux qu'on donne à la danse sa place entière dans la société en tant qu'art et aussi comme lieu de partage, pour libérer les corps. » Et pourtant. Comme les autres artistes programmés au 1er festival VIV'ART'UNIS cette semaine à Paris, Rochdi Belgasmi aurait dû recevoir une subvention du ministère de la Culture tunisien. Mais non. Il s'est vu refuser le tampon du ministère. Trop critique, trop provocateur, trop révolutionnaire sans doute. Mais il est là, même s'il dérange, même s'il n'est pas ce que le ministère voudrait voir exporter de l'art national. 

"Nous donnons du plaisir à la vie... " 

"Une histoire comme la mienne ne devrait jamais être racontée, car mon univers est aussi fragile que tabou... Rien ne me disposait à devenir danseur, mais c'est le destin qui décida ainsi... Et me voila, enfin devant vous... savez-vous qui je suis ? et savez vous ce que j'étais ? Un danseur, n'a pas de vie, il vous divertit... Nous vendons nos talents mais pas nos corps... Nous donnons du plaisir à la vie..." Ce texte introduit le spectacle, "Ouled Jellaba". L'histoire vraie d'un danseur travesti des années 20 dans les faubourgs de Tunis. Pour 3 francs, l'homme se changeait en femme et dansait dans les bistrots, boucheries et les boulangeries devenues "cafés dansants" jusqu'au petit jour. Un texte aujourd'hui tatoué sur son torse, comme un manifeste qu'il emporte avec lui et fait vivre à chaque mouvement de son corps.

Anne A-R
15-09-2918

PRESSE - L'élan international de Rochdi Belgasmi

Le danseur et chorégraphe tunisien s'est distingué ces derniers mois lors d'une tournée euro- péenne qui l'a mené en France et en Belgique. Egalement présent au Canada, Belgasmi a rem- porté un succès appréciable et se prépare pour de nouvelles aventures scéniques.
L'image de Rochdi Belgasmi est-elle sulfureuse? Cet artiste porte-t-il un projet véritable ou se contente-t-il de répandre un sillage polémique? Ces questions méritent d'être posées car ce danseur qui a défrayé une chronique paresseuse et bigote, est en train de s'armer comme une valeur sûre et une grosse pointure de la danse tunisienne à l'international. Une vaste tournée et une reconnaissance méritée En eet, Belgasmi rencontre le succès sur toutes les scènes sur lesquelles il se produit en Eu- rope et ailleurs. Ces derniers mois lui ont permis de participer à plusieurs festivals et d'y en- granger une reconnaissance précieuse. A Montréal, il participait aux Nuits de Carthage, un festival auquel il était convié et qui lui a réservé une mémorable ovation. A Poitiers, il vient de se produire dans le cadre du festival "A corps" et encore une fois, son travail a bénécié d'une large reconnaissance. Ce fut également le cas à Paris lorsque Belgasmi fut sélectionné au Prin- temps de la danse arabe ou encore à Vrverij en Belgique où il se trouvait récemment. Tous ces succès ont pour origine et matrice son opus "Zoufri" dans lequel il revisite certaines danses populaires tunisiennes et restitue un univers canaille auquel le public tunisien sacrie volon- tiers. Cette mise en spectacle du "rboukh" a permis à Belgasmi de faire connaître un aspect de la culture populaire tunisienne, tel qu'il l'avait relu. S'emparant de cet univers, l'artiste tuni- sien l'a chorégraphié, mis en mouvement et placé dans une logique scénique. En cela, il n'in- novait pas véritablement car depuis des décennies, les spectacles de la série "Nouba" avaient revisité ce aspect précis du patrimoine. Toutefois, Belgasmi introduisait une dimension in- édite car sa démarche ne cherchait pas seulement à consommer en tant que spectacle une tra- dition festive très ancrée dans les familles. Lui cherchait ailleurs, dans la dynamique des corps, leur lascivité et leurs tensions charnelles.

De fait, érotiser en tant que spectacle ce qui l'est déjà dans la réalité a valu à Rochdi Belgasmi les foudres de la convention qui entretient depuis toujours un contentieux avec la danse sous https://www.pressreader.com/tunisia/le-temps-tunisia/20190516/281805695380823 1/2 06/11/2020 L'élan international de Rochdi Belgasmi tous ses aspects. Montré du doigt, alors qu'il ne faisait que sublimer un art en reprenant ses poncifs, Belgasmi a résisté à ces assauts pudibonds et mené son attelage à destination. Cela lui vaut aujourd'hui une reconnaissance non usurpée et le place dans une belle courbe ascen- dante. Ses détracteurs lui auront au nal rendu un eé service puisque leurs cris d'orfraie ont attiré sur lui les regards de la presse internationale y compris ceux, rigoureux, du "Monde" ou de "National Geographic". Beau parcours que celui de Belgasmi qui exerce son art depuis une décennie et irte désormais avec les lumières de la rampe.
Une véritable philosophie du corps
Destinée exemplaire également pour ce danseur et chorégraphe qui ne fait rien au hasard mais opère des choix profondément rééchis et théorisés. car la danse moderne n'est pas un simple show pour les yeux. Au contraire, cet art est bien plus que cela et constitue l'une des expres- sions contemporaines les plus dynamiques car celles et ceux qui la portent répondent à une véritable philosophie du corps. A la manière d'un anthropologue, Belgasmi a débusqué des es- paces transgressifs, interpellé sa propre société et ses refoulements. Corps libéré, celui du danseur pose en eet de nombreuses questions qui restent ignorées. Belgasmi a le mérite de remettre ces problématiques sur le tapis. Mieux, au lendemain de Tunis capitale de la danse et à la veille de la deuxième édition des Journées chorégraphiques de Carthage, il nous ouvre les yeux aussi bien sur le potentiel dont dispose la danse tunisienne que sur les carcans d'un autre âge qui continuent à peser sur cet art en constante évolution. N'est-ce pas là la fonction de l'artiste véritable qui, sans être prophète dans son pays, n'en pose pas moins les vraies questions?

Hatem BOURIAL
16-05-2019

PRESSE - Rochdi Belgasmi (Zoufri), invité au Marathon des Mots à Toulouse

Dans le cadre du Marathon des Mots à Toulouse le danseur-chorégraphe tunisien Rochdi Belgasmi, présentera son solo de danse ZOUFRI le 30 juin au Château la Reynerie de Toulouse et le 01 juillet au Cloître des Jacobins. Zoufri «Moi, ce Zoufri.
Cet ouvrier comme ils disent... Je bougerai mes hanches de rêves en rêves. Je chasserai le réel dans le subtil et je n‘oublierai pas que je suis fragile. Je lutterai par la danse pour improviser la vie. » Le chorégraphe tunisien Rochdi Belgasmi revisite avec talent l'histoire du rboukh tunisien, en se faisant la mémoire corporelle d‘une danse ouvrière improvisée, très masculine et très populaire dans les cafés de Tunis à la fin de 19e siècle. Une manière de s‘élever contre tous les obscurantismes actuels. Programme Le Marathon des Mots Fin juin, à Toulouse métropole et en région Occitanie, le Marathon des mots, créé en 2005 par Olivier Poivre d'Arvor, met à l'honneur des écrivains et des artistes du monde entier pour l'un des plus grands festivals internationaux de littérature de France et d'Europe. Régulièrement salué par les médias pour sa singularité, son foisonnement et son inventivité, le Marathon des mots, aujourd'hui programmé et dirigé par Serge Roué et Dalia Hassan, invite des écrivains et des intellectuels pour des lectures, des rencontres et des forums où se conjuguent littérature et sciences humaines. Le Marathon des mots conçoit chaque année, avec le concours des librairies indépendantes de la région, deux grands cycles thématiques : l'un consacré à un pays ou à un territoire littéraire, l'autre dédié aux écritures de l'intime, intitulé « Un monde en soi ». Ces deux thèmes invitent les spectateurs à cheminer à la rencontre des grands auteurs et textes de la littérature française et étrangère. Fin novembre, le Marathon d'automne développe une thématique européenne. Ce versant automnal est aussi l'occasion d'un hommage à une figure de l'édition française, en partenariat avec la librairie Ombres Blanches. Aux mêmes dates, les élèves et lycéens de Toulouse Métropole et de la région Occitanie ont aussi leur marathon : des lectures, des rencontres, un ciné-lecture et une master class de lecture à haute voix, menés avec la complicité des comédiens de la région. Chaque trimestre, le Marathon des mots propose un goûter littéraire en partenariat avec l'Espace Job : les enfants et leur famille sont conviés à découvrir les auteurs jeunesse et illustrateurs de la région à travers un rendez-vous convivial, constitué d'une lecture et d'un atelier. A l'international, l'association coopère avec l'association tunisienne Ness el Fen (Direction : Syhem Belkodja) et l'Institut Français de Tunis pour une déclinaison méditerranéenne du festival, intitulée « Al Kalimat ». Au total, ce sont plus de 100 000 spectateurs qui, toutes éditions confondues, fréquentent les différents rendez-vous du Marathon des mots et mènent, selon leurs envies et affinités, leur propre marathon de lectures et de rencontres. Pour plus d'infos: www.lemarathondesmots.com

Anouar Chennoufi
24-06-2018

PRESSE - LE BRISEUR DE TABOUS TUNISIEN ROCHDI BELGASMI ÉTAIT AU BEURSSCHOUWBURG !

Originaire de M’saken, Rochdi Belgasmi a fait ses premiers pas de danse à l’âge de 10 ans au sein de différents clubs et écoles de danse de la ville. Après avoir obtenu son Bac, il suit une formation académique aux arts de la scène à l’Institut Supérieur des Arts Dramatiques de Tunis, parallèlement à une formation professionnelle en danse contemporaine avec plusieurs professeurs tunisiens et étrangers. Découvrez sa biographie complète ici. Nous lui avons rendu visite lors d'une représentation en Tunisie : Mis en scène par Belgasmi, « Zoufri » a été programmé, entre autres, à l’Institut du monde arabe à Paris, au Palais de Tokyo, au Moussem Festival Cities à Bruxelles, au Festival SOUAR SOUAR à N’Djamena et au Festival On marche à Marrakech. Le spectacle est de retour à Bruxelles : profitez-en ! Voici ce que le Huffington Post a écrit à propos de cette performance : "Zoufri retrace l'évolution de la danse « Rboukh » (on donne du « Rboukh » afin de séduire, draguer ou parader) à travers le temps et met en relief les particularités de ce patrimoine rejeté et mis à l'écart. Sa performance a été, par ailleurs, vivement saluée par les spectateurs."

Anonyme
07-03-2018

صحافة - تعرضت لحملة مسيّسة... وعروضي تؤرّخ للرقص الشعبي في تونس

أصبح الفنان رشدي بلقاسمي منذ ما عرف بحادثة قرطاج محل اهتمام العديد من المؤسسات الثقافية والمتابعين للشأن الثقافي والفني بالبلاد حتى أنه بات حاضرا في عديد التظاهرات والمهرجانات الوطنية والجهوية على غرار المهرجان الوطني الأخير للرقص والموسيقى بقعفور الذي شارك فيه بعرض راقص بعنوان « الزوفري » . مكتب سليانة (الشروق) ـ وأثار رشدي بلقاسمي في جويلية الماضي خلال مشاركته في افتتاح مهرجان قرطاج الدولي بعرض « 60 سنة موسيقى تونسية » جدلا كبيرا بسبب أدائه الراقص الذي وصفه عدد من الجمهور وقتها بالمخل بالحياء والميوعة. ونشر الفنان في الابان تدوينة على حسابه الخاص على موقع فيسبوك رد فيها على منتقديه وأساسا الحاضرين خلال العرض والذين غطوا وجوههم عند صعوده الى الركح. وجاء في تدوينته "غطاوا وجوهم عند صعودي" مضيفا انه "يهدي لهم هذا العرض". « الشروق » التقت رشدي بلقاسمي في الدورة الأخيرة من المهرجان الوطني للرقص والموسيقى بقعفور فكان الحوار التالي: أولا من هو رشدي بلقاسمي ؟ رشدي بلقاسم من مواليد مدينة مساكن من ولاية سوسة، درست بالمعهد العالي للفن المسرحي ثم درست الرقص المعاصر لمدة 5 سنوات، بعدها تعلمت شتى أنواع الرقص ( الكلاسيكي، الجاز، المعاصر والشعبي )إذ تخصصت في هذا الأخير لأنه الأكثر تداولا في بلادنا، كما أنه يؤرخ لحقبة زمنية كاملة لا يجب تناسيها بأي شكل من الأشكال. كما كنت سنتي -2012 2013 سفيرا للرقص التونسي باليونسكو بفرنسا. كيف كانت الانطلاقة ؟ بعد معرفتي الشخصية للسيدة خيرة عبيد الله (أصيلة مدينة قعفور) والتي تعتبر من الراقصات الأوائل ببلادنا رفقة الراقصتين زينة وعزيزة، إلا أن الراقصة خيرة كانت في الحقبة البورقيبية ذات شهرة كبيرة، كما كانت من الراقصات المفضلات لديه، وتعتبر السيدة خيرة من مؤسسي الفرقة الوطنية للفنون الشعبية، لذلك تتلمذت على يدها لأنها تعتبر مرجعا من مراجع تاريخ الفن الشعبي ببلادنا وخاصة منه تلك المتعلق بجانب الرقص. خلال عرضك الأخير بقرطاج تعرضت لوابل من الحملات والتعليقات، ما تعليقك على هذا ؟ يعتبر الرقص بصفة عامة والشعبي بصفة خاصة من بين الفنون التي تدرس، كما أن الرقص الشعبي يعتبر الأكثر تداولا في أفراحنا، الشيء الذي شجعني على الغوص في هذا العالم الفني. وبعد إلمامي بتاريخ الرقص الشعبي على يد الأستاذة خيرة عبيد الله، أتت فكرة التعريف بها من خلال عرض متكامل يشمل كل أنواع الرقصات الشعبية التي كانت تمارس في أعراسنا في الماضي والحاضر. أما عن الحملات والتي اعتبرها مغرضة ومسيسة بالدرجة الأولى فأقول أن الصورة التي تداولتها شبكة التواصل الاجتماعي ضدي، لم تباشر العرض عن قرب الشيء الذي جعلها تعلق من منطلق رجعي بحت، في حين أن من واكبوا العرض من أوله إلى آخره لم أر منهم سوى التصفيق والتشجيع المتواصل. « الزوفري « تسمية لكامل العرض الراقص. ما المقصود من ذلك ؟ «الزوفري» هي كلمة مدبلجة من كلمة les ouvriers وهي ترمز للعمّال بصفة عامة، ذوي السواعد القوية والذين يخوضون معركة يومية مع « الخبزة »، إذ قديما كانت تقام رقصات رجالية بحتة في الأعراس بشيء من التنكر من خلال لباسهم النسوي، ويقومون بحركات تحاكي الأعمال التي يقومون بها مثل رقصة « المنجل » « والبرويطة » و«البالة » و« البيوش »...كل هذه الرقصات مازالت تستعمل إلى اليوم بالعديد من « الربوخات »، الشيء الذي جعلني اختزلها في عرض راقص لمدة 45 دقيقة يحاكي كل أنواع الرقصات الرجالية منذ القرن 19 إلى اليوم، وهو بالتالي يؤرخ لحقبة زمنية تجاوزت القرن من الرقص الرجالي في محافل الأعراس. خاتمة هذا الحوار ماذا تضيف ؟ كل ما أقوله أننا نعيش مطلع الألفية الثالثة وما تحمله من تطور فكري وعلمي ....لذلك فدور الفنان بصفة عامة تعرية وفضح المستور من خلال ما نقدمه من أعمال فنية هادفة المراد منها تأريخ للماضي الذي يعتبر جزء منا ومحاكاة للحاضر.

حوار مراد البوبكري
15-09-2017

صحافة - رشدي بلقاسمي: الراقص التونسي الثائر

بقي الرقص في العالم العربي فنًّا هامشيًّا لا يحظى بالأهمية اللازمة لكي يتطور وسنتشر لدى العامة والشباب بصفة خاصة، والأسباب التي أدت إلى تفاقم الصعوبات التي يواجهها هذا الفن هي بالأساس دينية واجتماعية. هذه الصعوبات يحاول الراقص التونسي رشدي بلقاسمي (30 عامًا) تجاوزها وهو يسعى، عبر عروضه، إلى إعادة تشكيل المشهد الثقافي التونسي وتغيير العقليات وتحطيم الأفكار السائدة، التي أدت الى تقهقر فن الرقص في العقود الأخيرة. يقدم بلقاسمي عروضًا فرجويَّة مدروسة وحركات تلقائية مرتبطة بمرجعيات فكرية وتاريخية، تُخرج المتلقي من موقعه كمجرد مُشاهد ليصير فاعلًا في العرض ومندمجًا فيه كليًّا. فما الوسائل التي اتبعها رشدي بلقاسمي لتحقيق هذا التناغم بينه وبين المتلقي؟ وكيف يتحول الرقص إلى وسيلة مقاومة لكسر التابوهات؟ وإلى أي مدى نجح هذا الراقص الشاب في إعادة البريق إلى فن الرقص؟ رشدي بلقاسمي: الرقص قدر لا اختيار «خلف كل رجل عظيم امرأة»، يبدو أن هذا المثل ينطبق حرفيًّا على الراقص رشدي بلقاسمي، الذي اكتشف عالم الرقص ولغة الجسد في محيطه العائلي، الذي تؤثثه مجموعة من النسوة يقدِّرن هذا الفن ويحترمنه. «بدأت الرقص في سن العاشرة». يتذكر رشدي تلك الفترة مؤكدًا أنه كان محاطًا بمجموعة من النساء كان لهن دور حاسم في توجهه نحو الفن عمومًا والرقص بصفة خاصة. الأم والخالة والعمة، والحلقات النسوية الضيقة التي تستعرض خلالها الحاضرات مهارتهن في الرقص وفي عرض مفاتن أجسادهن، هي العوامل التي أدت إلى انبهار رشدي بهذا العالم الذي يكون التخاطب فيه بلغة الجسد. انطلاقًا من هذه الدائرة، جاءت أولى محاولات بلقاسمي للرقص بتشجيع من الأقارب: «كثيرًا ما كنت أستمع إلى جمل تدل على إعجابهن برقصي، وكنت أرى في عينهن فخرًا وسعادة بما أحققه». مع مرور الزمن وتطور الموهبة، قرر رشدي بلقاسمي أن ينخرط في نوادي رقص ومسرح، وانطلق يصقل موهبته ويطور قدراته، فتزايد ولعه بجسده واشتغل لساعات طوال ليكون قادرًا على أداء رقصات تتطلب قوة احتمال ولياقة. كان الرقص بالنسبة إليه أكثر من مجرد هواية، بل نمط حياة وقَدَرًا لا يمكن أن يهرب منه، ووجد تشجيعًا من عائلته التي كانت تعتبر الموسيقى والرقص من الأشياء الأساسية في الحياة، وهو ما سهَّل المهمة على الشاب، بما أنه وجد سندًا في مختلف المحطات التي مر بها. لا يتوقف بلقاسمي عن التمرين، هو في نسق تصاعدي عندما يشرع في الإعداد لغرض ما. الجدية والمثابرة خصال أخذها عن فنانين وراقصين يعتبرهم مثله الأعلى، مثل حفيظ ضو، وعيشة مبارك، وبينابوش. يرتكز رشدي بلقاسمي إلى الجسد والموسيقى ليوصل رسائله للجمهور، فيعوض الكلمات بلغة الجسد ويحول الرقص لوسيلة تخاطب.واجه رشدي عراقيل كثيرة كي يجعل من الرقص مهنةً، وذلك عائد أساسًا إلى العادات والتقاليد السائدة في مجتمعنا العربي. فالرقص في الأوساط الشعبية ما زال يُنظر إليه على أنه رمز للأنوثة. هنا تكمن أهمية العمل الذي يؤديه رشدي، فالعروض التي يقدمها تُسهم في كسر الحواجز وتكون صادمة في أغلب الأحيان، وهو يؤكد أن «الرقص لم يعد مجرد مهنة، بل هو التزام ومقاومة، إنه قدري». عروض متنوعة وهدف واحد يرتكز رشدي بلقاسمي إلى الجسد والموسيقى ليوصل رسائله إلى الجمهور، فيعوض الكلمات بلغة الجسد، ويتحول الرقص إلى وسيلة للتخاطب مع الآخر. ولئن كان ذلك هدفه الأوحد، فإن تنوُّع العروض وتعددها يفتح المجال أمام مختلف التأويلات التي يمكن أن نستشفَّها إذا ما أردنا تتبع التفاصيل التي قدمها منذ عام 2010 حتى 2016. 2012: رقصة «جسد مهووس» العنوان وأولى خطوات رشدي في هذا العرض يحيلاننا إلى نفحات من الفيلسوف نيتشه، في احتفاء بالجسد ووضعه في مكانة عُليا. الهوس والجسد في هذا العرض ثنائيان لا يمكن أن ينفصلا، وكأن الانسان، الذي يعتبره نيتشه «جسدًا ولا شيء غير الجسد»، كتلة من التوتر والقلق. حركات متوترة مع موسيقى بطيئة موقَّعة تُظهر الراقص في حالة هيستيرية، فهو يلمس أعضاءه ويتخذ مسافة من جسده وكأنه ينتمي إلى شخص آخر غريب عنه. ههنا يصور بلقاسمي علاقة الأنا بالجسد، ويضع المُشاهد أمام حقيقة لا مفر منها، أننا في حالة جهل تام بتفاصيل أجسادنا. 2013: رقصة «زوفري» يعيدنا رشدي بعرضه إلى أواخر القرن التاسع عشر حين نشأت «الربوخ»، وهي رقصة شعبية اختصَّ بها العمال من الطبقة الكادحة في ذلك الوقت، واحتلت الكباريهات والبارات، ولا تخلو من إبراز للفحولة مع مزيج من الإيحاءات الجنسية. يستخدم بلقاسمي الرقص لينبش في ذاكرتنا المنسية، ويعيد إحياء تاريخنا الفني وذاكرتنا الشعبية. في تلك الرقصة، يرتدي القاسمي «الدنقري»، وهو لباس خاص بالعمال، ويضع حزامًا حول خصره، ويبدأ في التمايل على أنغام آلة المزود بحركات مدروسة ودقيقة، فيجد المُشاهد نفسه منغمسًا في عالم الطقَّة الشغِّيلة خلال بدايات القرن العشرين، بجوِّها الصاخب المفعَم بالمرح والهرج والمرج. يتوسَّل رشدي بلقاسمي الرقص لينبش في ذاكرتنا المنسية ويعيد إحياء تاريخنا الفني المهمل. بالرقص أحيا هذا الشاب الذاكرة الشعبية، فبعد العرض، تجد من الصعب أن تتجاهل هذه الحقبة، وكأنه كان دعوة إلى مزيد من البحث للتعرف إلى تفاصيل رقصة «الربوخ». 2014: رقصة «وإذا عصيتم» استهدم رشيد بلقاسمي المقطع الأول من ما يُشاع أنه حديث نبوي: «وإذا عصيتم فاستتروا»، الذي يتداوله كثيرون كحجة لإخفاء ما يرونه حرامًا، لكن بلقاسمي ربما أراد الإشارة إلى أن الرقص هو الحياة، ولا يمكن بأي حال أن يُمارس في الخفاء. يصور العرض خفايا الجسد، ويضع تفاصيله التي نريد إخفاءها ونسعى جاهدين كي لا يطَّلع عليها غيرنا. هذا العرض تسليط للضوء على علاقة الأم بالابن، فمع صوت خديجة البكوش في دور الأم، يجد المُشاهد نفسه أمام حتمية التركيز على الصوت المرافق لحركات رشدي، الذي يغطي نفسه برداء أبيض في إشارة إلى تمازج الرقص كرمز للحياة والكفن كرمز للموت. هي أيضًا رمزية، تلك العلاقة المبهمة بين الأم وابنها والحبل الرابط بينهما، بتفاصيل لا تخلو من إشارات جنسية مبطَّنَة يضعها بلقاسمي أمام الجمهور بطريقة ذكية. ثَمَّة تكامل بين ثلاثة عناصر: موسيقى «ديفيد بارلو»، وصوت خديجة بكوش، ورقصات رشدي بلقاسمي. تتضافر كلها لتعيد اكتشاف الجسد وأسراره وعلاقته بالآخر بكل تفاصيلها. 2016: رقصة «وِلد جلَّابة» مرة أخرى، يعيدنا رشدي بلقاسمي إلى الماضي ويضعنا أمام تاريخنا المنسي. نحن في أواخر عشرينات القرن الماضي، ووِلد جلَّابة من الشخصيات التي لا تذكرها كتب التاريخ الرسمية. في العرض، نسائل أنفسنا عن ماهية النوع الاجتماعي الذي تطرحه سيرة هذا الرجل. فبواسطة الرقص، يمكن كسر مجموعة من التابوهات وإعادة ترتيب أحداث تاريخية ترتبط بوِلد جلَّابة، الذي يكتشف علاقته بمحيطه وعلاقته بجسده، الذي يعتبره المجتمع خارجًا عن المألوف. يشير رشدي بلقاسمي في عروضه إلى جانب آخر من التاريخ المسكوت عنه في الكتب الرسمية يحيلنا العرض إلى أواخر العشرينات، ويعيد تتبع حياة وِلد جلَّابة بتفاصيلها الدقيقة، في مجتمع محافظ رفض كل محاولات الإصلاح والتجديد (الطاهر الحداد نموذجًا). كيف يمكن لشخص يسائل جسده ويبحث عن هويته أن يتعايش مع محيطه، في ظل الصراع القائم في صلب المجتمع التونسي؟ يظهر بلقاسمي خلال العرض مرتديًا الحُلِي وشعر طويل، وهو بذلك يشير إلى جانب آخر من التاريخ الذي لا تلتفت إليه الكتب الرسمية. يسلِّط الراقص الضوء على تلك الحقبة الحافلة بالراقصين، الذين أحيَوْا مئات الحفلات في تحدٍّ واضح للسُّلطة الدينية آنذاك. هنا يدخل المُشاهد في حيرة، من خلال إعادة خلق وتعريف المفاهيم والقيم التي ظلت راسخة في ذهنه لسنوات طويلة. الراقص المؤرخ: رقصة من أجل الذاكرة هل يمكن أن يكون الرقص تأريخًا لمراحل مهمة؟ في عروضه، يجيبنا رشدي بلقاسمي عن هذا السؤال ويؤكد أن للراقص دورًا في تخليد الذكريات، لكنه أيضًا يضطلع بمهمة أشد خطورة هي النبش في الذاكرة الشعبية وتسليط الضوء على المسكوت عنه. إن الرقص مع بلقاسمي وسيلة لنصرة أَعلام الفن المغيَّبين والمهمشين في التاريخ التونسي. أعاد هذا الراقص الشاب إحياء الموسيقى البربرية في عرضه «جسد مهووس»، برقصات تجعلنا نعيد النظر إلى مفهوم الجنون. وفي عرض «زوفري»، سعى إلى إعادتنا لبداية القرن العشرين مع العمال برقصاتهم وأهازيجهم. أما عرضه الثالث فقد كان رفضًا للاختباء وتحديًا للمجتمعات المتخلفة، وهو ما تأكد أكثر مع عرض «وِلد جلَّاب»، الذي كان فرصة لتسليط الضوء على جزء آخر منسي من تاريخ تونس، عندما عمد الراقصون إلى تحدي السُّلطة الدينية وإحياء حفلات وسط مجتمع محافظ مشتَّت من ويلات الحرب. تجاوزت عروض رشدي بلقاسمي الإطار المحلي إلى العالمية، فقد جعل من الرقص وسيلة للتعريف بالمجتمع التونسي وخصائصه، وأصبحت عروضه مجالًا يستغله لمقاومة التطرف بكل مظاهره. ورغم العراقيل الكثيرة والحملات التي يشنها بعضهم عليه، يبقى رشدي صامدًا مؤمنًا بنُبل رسالته، متمسكًا بالرقص كسلاح ضد كل أشكال الرجعية.

ضياء بوسالمي
11-08-2017

PRESSE - Rochdi Belgasmi, le corps et l’esprit de la rue tunisienne

La conférence de Rochdi Belgasmi, qui se tiendra à Couthures dans le cadre de la thématique « La rue prend la parole » le samedi 29 juillet, n’est-elle pas plutôt un spectacle ? Zoufri, du danseur et chorégraphe de 30 ans, est bien les deux à la fois, et c’est ce qui en fait un si singulier objet. C’est aussi une expérience interactive pour le public qui, après avoir été électrisé, est incité à se laisser porter par la musique populaire tunisienne dont les secrets lui ont été dévoilés.

Le rboukh du zoufri

C’est en costume d’ouvrier (bleu de travail et débardeur blanc) que l’on découvre l’artiste, nouvelle figure de proue de la danse contemporaine tunisienne. Zoufri veut dire « ouvrier » en arabe, un terme apparu à la fin du XIXe siècle lorsque des hommes originaires de toutes les régions du pays sont venus trouver du travail dans la capitale, Tunis. Le soir, après leur journée de labeur, ces ouvriers se rassemblent dans des cafés. Et, pour passer le temps autant que pour se défouler, inventent le rboukh : des danses et des chants improvisés évoquant leur quotidien – les tâches de piochage ou de terrassement – comme leurs espoirs et leurs désirs. Pur phénomène citadin, cette pratique s’est nourrie des rythmes traditionnels locaux apportés avec eux par ces ouvriers. Côté danse, s’improvisaient des duos, dialogues des corps tout en séduction, défis et audace glissant vers une sensualité sans équivoque, les danseurs allant jusqu’à mimer l’acte sexuel – l’un d’eux représentant la femme –, encouragés par les cris, sifflements et claquements des mains de l’assistance.

Rochdi Belgasmi revisite en solo ce patrimoine dansé tunisien méconnu, au son des instruments populaires

Rochdi Belgasmi revisite en solo ce patrimoine dansé tunisien méconnu, au son des instruments populaires : percussions de la darbouka et airs de mezoued, sorte de cornemuse du Maghreb, que les ouvriers accompagnaient de chansons aux paroles souvent crues. Une tradition prolétaire et sulfureuse mal vue par la bourgeoisie tunisienne conservatrice, ce qui explique « la déformation curieuse du terme zoufri dans la société tunisienne », devenu avec le temps synonyme de « vulgaire, libertin et voyou », explique l’artiste. Après l’indépendance, cette danse jugée déplacée a disparu. C’est grâce aux mzaoudias, les joueurs de mezoued, que, depuis une quarantaine d’années, elle est réapparue pour devenir la danse de tous les Tunisiens, qui est plébiscitée lors des fêtes. Elle a cependant été expurgée des scènes obscènes, et l’assistance est devenue mixte.

Entre danse populaire et contemporaine

Reste le principe de la performance conquérante, encouragée par le public. Déhanchés, ondulations, secousses, sourires suggestifs et enjôleurs : le danseur incarne son travail de recherche et de reconstitution de cette histoire fragmentée avec un engagement physique et une expressivité saisissants, tout en ponctuant son propos d’explications. L’intervention de Rochdi Belgasmi aura lieu non pas sur scène, mais bien dans la rue même

Par cet exercice à l’énergie jubilatoire, il réussit à lever la barrière entre une danse populaire aux origines perçues comme honteuses et la danse contemporaine, tout en évitant le piège du folklore. Et souligne au passage la fragilité du statut de danseur en Tunisie, où le mot même a fini par devenir une insulte. La démarche assume son engagement.
« Il s’agit de réhabiliter la structure anthropologique des arts populaires tunisiens par un travail d’archéologie mémorielle sur nos danses et nos rythmes corporels, musicaux », de « montrer que l’imaginaire collectif en Tunisie est, au fond, habité par cette danse », analyse le chorégraphe.
« Pour que le rboukh accède à cette reconnaissance, il est nécessaire de faire comprendre, sentir, qu’il s’agit d’une danse qui est née comme un acte de résistance et d’un hymne à la vie », détaille Rochdi Belgasmi.
Conformément à la thématique « La rue prend la parole », l’intervention de Rochdi Belgasmi aura lieu non pas sur une des scènes aménagées dans le village, mais bien dans la rue même, au milieu des passants, là où le rboukh a puisé ses forces.

Emmanuelle Jardonnet
07-06-2017

PRESSE - « Rboukh » sur la scène du Palais de Tokyo !

Le danseur tunisien qui a su si bien présenter notre culture ailleurs, Rochdi Belgasmi a révélé son nouveau spectacle « Zoufri » pendant le festival « Do Disturb » qui s’est tenu à Paris entre le 21 et le 23 avril 2017. Le danseur et chorégraphe âgé de 30 ans s’est inspiré de notre « Rboukh », pour réaliser son spectacle qu’il a présenté sur la scène du Palais de Tokyo. Un spectacle qui a enflammé la scène par une chorégraphie inspirée essentiellement du folklore traditionnel propre aux faubourgs de Tunis et qui a été retracée comme étant « des improvisations festives des ouvriers du bâtiment mêlant gestes du travail quotidien et connotations sexuelles» selon les médias français. De son coté Rochdi Belgasmi a tenu a expliqué l’origine de cette danse, il révèle que celle-ci a été inventée à Tunis par les ouvriers à la fin du 19e siècle et c’est ce qui a essentiellement inspiré le choix de l’appellation « Zoufri » qui veut dire « ouvrier » en dialecte tunisien. Le danseur confirme également la théorie présentée par les médias français expliquant que cette danse a une conation sexuelle, il s’avère que les ouvriers travaillaient souvent loin de leurs femmes et qu’ils ont été influencés par leurs frustrations lorsque le « Rboukh » a été inventé. Cette danse a été longtemps très mal vue, considérée comme vulgaire, elle s’est peu à peu transformée en danse commune et mixte, adoptée aussi bien par les hommes que par les femmes. Danseur depuis plus de 20 ans, Rochdi Belgasmi, a tenu à présenter fièrement cette danse populaire à Paris, il a su enchanter le public venu à sa rencontre et avec qui il a partagé la scène pour une petite improvisation.

S.B.A
05-05-2017

PRESSE - Quand le danseur tunisien Rochdi Belgasmi introduit le Rboukh au Palais de Tokyo à Paris

Avec Zoufri, Rochdi Belgasmi, a mis le feu au Palais de Tokyo dans le cadre de sa participation au festival d'art contemporain Do Disturb, tenu les 22, 23 et 24 avril 2017, à Paris. Sa danse est une totale immersion dans un monde où se mêlent la beauté des gestes et des sensations avec les rythmes du Rboukh pour rendre hommage à une danse folklorique d'origine populaire et ouvrière, peu connue. Née à la fin du 19ème siècle à Tunis, le "Rboukh", cette danse populaire a été créée dans le milieu ouvrier notamment dans les cafés chantants de la capitale en s'inspirant de gestes du travail quotidien et de connotations sexuelles, a expliqué Rochdi dans une interview accordée, dimanche, à l'émission Maghreb-Orient-Express du TV5 Monde. "Zoufri, en effet, retrace l'évolution de cette danse à travers le temps et met en relief les particularités de ce patrimoine rejeté et mis à l’écart. Sa performance a été, par ailleurs, vivement saluée par les spectateurs. Le mur Facebook du jeune artiste a été inondé de réactions satisfaisantes et de commentaires encourageants.

Wafa Samoud
25-04-2017

PRESSE - Festival DO DISTURB 2017 au Palais de Tokyo #1

Zoufri de Rochdi Belgasmi
Zoufri ou « ouvrier » en tunisien est un projet chorégraphique conçu et performé par Rochdi Belgasmi. Crée en 2013, il est repris dans le cadre du Festival dans l’espace Grande Rotonde. Le public, sans espace spécifique assigné, se place en demi-cercle autour du danseur, débordant un peu dans le passage juxtaposé et un peu sur l’escalier attenant qui mène aux niveaux supérieurs, à la recherche d’une vue dégagée.
L’artiste commence par une explication : Quelle est l’origine de ce travail autour de la multitude de formes de danse traditionnelles en Tunisie ? Pourquoi choisir de travailler sur la danse comme forme d’adaptation, de mémoire populaire et de résistance ? Comment travailler à la fois sur des danses populaires et sur des scènes contemporaines ? En trois parties, présentées à la manière d’une recherche académique, l’artiste montre par la parole autant que par le corps, comment les gestes quotidiens des ouvriers se sont transformés en gestes dansés jusqu’à devenir partie intégrante des danses traditionnelles de chaque région. Il montre également comment les accents marqués des pioches deviennent des gestes saccadés des bras qui agitent un foulard et comment la frappe des pieds donne un rythme et un sens à la danse.
Il présente ensuite le Rboukh, danse la plus pratiquée en Tunisie de nos jours par les hommes et les femmes. C’est une danse festive et de partage qui, selon l’artiste, est également une manifestation contre l’obscurantisme, le salafisme, le fanatisme et le racisme, une danse qui est par définition contemporaine. Un collage de danses et de musiques, entrecoupées par l’annonce de chacune des régions d’où elles sont issues compose la fin de la performance. L’aspect très physique des mouvements du bassin et la précision des mouvements des pieds se fait ressentir quand la fatigue du danseur devient apparente et quand sa parole est entrecoupée par ses souffles, sans pour autant que le rythme ne se perde. À la fin de sa conférence dansée, Rochdi Belgasmi invite le public à danser à son tour et à le suivre au rythme de la musique.

Helena van Riemsdijk
24-04-2017

PRESSE - Un « Do Disturb » engagé et enchanté ce week-end au Palais de Tokyo

(...) Avec Zoufri, Rochdi Belgasmi revisite de son côté un patrimoine dansé tunisien méconnu : les improvisations festives des ouvriers du bâtiment mêlant gestes du travail quotidien et connotations sexuelles. Un travail de recherche que le danseur présente comme une conférence performée, à travers laquelle il montre les évolutions à travers le temps et les régions de ce phénomène citadin et masculin dont les obscénités et les tabous ont été gommées pour se transformer en folklores. S’il met le feu, l’artiste souligne aussi très clairement la fragilité du statut de danseur pour un homme en Tunisie, où le mot même est devenu une insulte. A ne pas rater ce samedi à 16 heures.

Emmanuelle Jardonnet
22-04-2017

PRESSE - Une lumière qui traverse les siècles

Le Moussem, Centre nomade des Arts «privilégie les artistes ayant un lien avec le monde arabe ou une ouverture sur ce monde» Un aspect de l'art tunisien sous plusieurs formes et disciplines artistiques est représenté, depuis le 13 janvier et jusqu'au 16 du même mois, en Belgique. Une initiative du Moussem, Centre nomade des Arts, qui met à l'honneur, à travers un programme varié, des artistes tunisiens. Moussem — qui a débuté en 2001 par un festival des arts à Anvers pour évoluer petit à petit en portant des productions et créations propres et finir par devenir le Centre nomade des Arts — se positionne comme un carrefour international dans le champ artistique en Flandre, cela se traduit par de nombreuses collaborations et partenariats entre créateurs et institutions en «privilégiant les artistes ayant un lien avec le monde arabe ou une ouverture sur ce monde» afin d'interroger «le canon artistique dominant et engager une réflexion sur les effets de mondialisation suscités par les courants migratoires anciens et récents». L'événement artistique, dédié à la Tunisie, est abrité par la Maison des Cultures de Molenbeek et le Bozar (Palais des Beaux-Arts de Bruxelles) avec, au programme, de la danse, du théâtre et de la musique. Entre autres artistes participants, l'on cite le danseur et chorégraphe Rochdi Belgasmi qui a présenté son spectacle «Zoufri» le 14 janvier à la Maison de la Culture Molenbeek. «Zoufri» (pluriel du mot ouvrier en dialecte tunisien) est une performance en solo fondée sur les musiques et danses populaires tunisiennes qui démarre comme une conférence sur l'histoire du "rboukh". Au programme, également, la pièce théâtrale «D-Sisyphe» de Meher Awachi où il nous parle de cet ouvrier tunisien qui porte tout le poids des contraintes et exigences de la société. L'espace Bozar accueillera, aujourd'hui 15 janvier, la pièce «Ce que le dictateur n'a pas dit» de Meriem Bouselmi et le 16 janvier (dernier jour de l'événement), le spectacle de danse «Chatha» des chorégraphes Aïcha M'Barek et Hafiz Dhaou. Installés à Lyon depuis 2005, les deux chorégraphes tunisiens creusent un sillon singulier dans le paysage chorégraphique national et international et livrent dans ce spectacle une interprétation très personnelle du Sacre du printemps de Stravinsky. Le même espace abritera le spectacle de clôture qui sera signé par Lotfi Bouchnaq.

 

M M
15-01-2016

PRESSE - Des artistes tunisiens à l'honneur

Le Moussem, Centre nomade des Arts «privilégie les artistes ayant un lien avec le monde arabe ou une ouverture sur ce monde» Un aspect de l'art tunisien sous plusieurs formes et disciplines artistiques est représenté, depuis le 13 janvier et jusqu'au 16 du même mois, en Belgique. Une initiative du Moussem, Centre nomade des Arts, qui met à l'honneur, à travers un programme varié, des artistes tunisiens. Moussem — qui a débuté en 2001 par un festival des arts à Anvers pour évoluer petit à petit en portant des productions et créations propres et finir par devenir le Centre nomade des Arts — se positionne comme un carrefour international dans le champ artistique en Flandre, cela se traduit par de nombreuses collaborations et partenariats entre créateurs et institutions en «privilégiant les artistes ayant un lien avec le monde arabe ou une ouverture sur ce monde» afin d'interroger «le canon artistique dominant et engager une réflexion sur les effets de mondialisation suscités par les courants migratoires anciens et récents». L'événement artistique, dédié à la Tunisie, est abrité par la Maison des Cultures de Molenbeek et le Bozar (Palais des Beaux-Arts de Bruxelles) avec, au programme, de la danse, du théâtre et de la musique. Entre autres artistes participants, l'on cite le danseur et chorégraphe Rochdi Belgasmi qui a présenté son spectacle «Zoufri» le 14 janvier à la Maison de la Culture Molenbeek. «Zoufri» (pluriel du mot ouvrier en dialecte tunisien) est une performance en solo fondée sur les musiques et danses populaires tunisiennes qui démarre comme une conférence sur l'histoire du "rboukh". Au programme, également, la pièce théâtrale «D-Sisyphe» de Meher Awachi où il nous parle de cet ouvrier tunisien qui porte tout le poids des contraintes et exigences de la société. L'espace Bozar accueillera, aujourd'hui 15 janvier, la pièce «Ce que le dictateur n'a pas dit» de Meriem Bouselmi et le 16 janvier (dernier jour de l'événement), le spectacle de danse «Chatha» des chorégraphes Aïcha M'Barek et Hafiz Dhaou. Installés à Lyon depuis 2005, les deux chorégraphes tunisiens creusent un sillon singulier dans le paysage chorégraphique national et international et livrent dans ce spectacle une interprétation très personnelle du Sacre du printemps de Stravin

M M
15-01-2016

PRESSE - Arbetares danser utmanar religiösa och sexuella tabun i dagens Tunisien

Revolutionen i Tunisien 2011 förändrade inte bara det politiska landskapet utan också det kulturella. Ett fält som skakades om ordentligt var den moderna dansen. En ny generation unga och mer politiskt medvetna dansare och koreografer har börjat ta plats. En av dem är 28-åriga Rochdi Belgasmi. Han vill använda sin kropp för att utmana tabun i det tunisiska samhället, särskilt när det gäller sexualitet och religion. Solen går ner över havet bakom Rochdi Belgasmi som glider över gatustenarna i mjuka, slingrande rörelser. Runt honom står publiken, välklädda män och kvinnor med rödvinsglas i händerna. Det är en kontrast till det blåställ som Rochdi Belgasmi har på sig under kvällens uppvisning på ett tjusigt hotell här i Tunis-förorten La Marsa. Föreställningen heter Zoufri, som betyder "arbetare" på tunisisk arabiska. – Med Zoufri ville jag berätta om vår historia, säger han. Det var under 1800-talet och det franska protektoratet som tunisiska arbetare utövade en särskild dans kallad Rboukh. Den dansades män emellan, i manliga miljöer - på caféer, vid gruvorna, i hamnar. – I Rboukh dansade två män mot varandra, det fanns ofta homosexuella undertoner i denna dans, säger Rochdi Belgasmi och ler. Han är både dansare och koreograf, utbildad i Frankrike men jobbar i Tunisien. Just sexualitet är någonting som återkommer i hans uppsättningar. Han vill prata om det som är tabu. – Man säger att jag gillar att hamna i problem, men jag tror att det är viktigt i denna fas för vårt land att försöka bryta ner klichéer och gå mot det nya, säger han. Det är sedan revolutionen i Tunisien 2011 som Rochdi Belgasmi och flera andra unga dansare har börjat göra politik av modern dans, något som ofta skapar reaktioner. Han har bland annat stått åtalad för brott mot god sed. I sin senaste show som handlar om kvinnans olika roller, och som har det han själv kallar "pornografiska inslag", citerar han islams profet. – Bara det att använda ett citat av profeten var för mycket för tunisierna, säger han. Men han tänker fortsätta testa gränser. Han vill visa att dansen inte bara är underhållning och han söker efter konstruktiva sätt att bidra till byggandet av det nya Tunisien. – Vi har en lång väg att gå, på många olika plan, säger Rochdi Belgasmi.

Fanny Härgestam
29-07-2015

PRESSE - Le “rboukh”, une danse sensuelle d'ouvriers

Autres belles découvertes : Troubles du danseur nigérien Maman Sani Moussa, créé en résidence au Pavillon Noir d’Angelin Preljocaj à Aix-en-Provence en 2014. Un solo cathartique écrit suite à une incarcération en 2009 dans l’aéroport de Tripoli alors qu’il se rendait à un festival de danse au Mozambique. Arrêté arbitrairement lors d’une escale en Libye, enfermé plusieurs jours et renvoyé au Niger, il rend compte de sa douleur, de son incompréhension et de sa colère et les transcende en en faisant le matériau de sa création. Mais aussi, place des Epices, au cœur de la médina de Marrakech, Zoufri ("ouvrier”, en arabe) du Tunisien Rochdi Belgasmi. Une performance en solo fondée sur les musiques et danses populaires tunisiennes qui démarre comme une conférence sur l’histoire du “rboukh” : “Zoufri est un travail sur la danse populaire tunisienne à partir des outils de la danse contemporaine. Comment la sortir de son contexte de rue, de fêtes, pour la mettre sur une plateforme de danse contemporaine sans tomber dans le folklore ?” Créé par les ouvriers, ceux des mines de phosphate notamment, et dansé dans des cafés où ils se réunissaient, le rboukh reprend à la fois les gestes du travail, l’imitation de l’acte sexuel et l’invitation à la danse, sans craindre ni refuser la vulgarité, et sera jugé obscène par la bourgeoisie tunisienne après l’indépendance. Sous l’œil médusé des touristes et habitués du Café des épices, Rochdi Belgasmi fit une démonstration éclatante du rboukh avant d’inviter le public à danser avec lui.

Fabienne Arvers
17-03-2015

PRESSE - Un même thème, un même lieu, «Convergences» à l'espace Agora

Le menu est fait de théâtre, de vidéo, de danse, de musique, d'une exposition de photos , et est concocté par les soins de Virginie Lurienne, enseignante à Tunis. Samedi dernier, l'espace culturel l'Agora à La Marsa a réuni, le temps d'une soirée, des artistes de différents domaines, autour d'un même thème : dé-visage(s). C'est la pièce L'indifférenciée de la Compagnie Eclat de riz qui a inauguré la soirée. Le texte et la mise en scène de Christophe Richtarch ont réuni les trois comédiens Marc Latreille-La Doux, Pierric Degorceix et Iheb Chebbi. Trois femmes se donnant la réplique, se chamaillant, se critiquant, l'une d'elles finit par s'adresser à l'audience, parlant de sa situation d' «indifférenciée» et livrant ses craintes de ne pouvoir marquer les autres, de ne pas laisser, dans leurs mémoires ou dans celle des lieux, une trace ou une quelconque empreinte ni même un signe, aussi abstrait soit-il. Inspiré d'une peinture de Mouna Chouk (représentant trois femmes), la pièce, à la blague intelligente et à l'humour des fois acerbe, nous a émus, nous renvoyant vers les conflits intérieurs de l'humain et toute sa fragilité. Une fois la pièce terminée, direction Galerie de l'espace pour découvrir, entre autres, les photographies de Benjamin Génissel et de Bruno Dunckel. Le premier proposant une série de portraits Visages de l'Est lointain et le second s'intéressant plus aux lieux avec sa série intitulée Ma situation. C'est autour du rapport du corps à l'espace que ce dernier tisse son travail. «Et ce corps, comme prétexte et support qui devient un sujet subjectif et un objet partiel. Je gomme une partie de ce support et donne une plus grande importance au geste, vertical...Je suis là, arpentant les coordonnées géographiques, baissant les yeux comme un enfant qui s'amuse à regarder ses pieds gesticuler. S'arrêter, respirer et lever les yeux vers le ciel pour mieux se situer et apprécier justement cette situation. C'est efficace», écrit-il. Ses photos sont découpées en deux parties, séparées verticalement et représentant justement cette situation avec une vue en contre-plongée et une autre en plongée. L'on a pu également découvrir les peintures de Mouna Chouk, l'excellente vidéo Muli face de la graphiste Chloé Msset et l'émouvant court métrage intitulé Ce qui se passe de Christophe Richtarch avec Pascale Crespy, Clotilde Marchand et Virginie Lurienne. Convergences fut également l'occasion de découvrir le spectacle chorégraphique Zoufri du danseur chorégraphe Rochdi Belgasmi. Une sémantique et toute une culture ont inspiré le spectacle. Il y a d'abord le terme Zoufri qui signifie à la base ouvrier et qui a été détourné par la suite pour signifier bandit et malfrat. Le spectacle rend hommage à ces ouvriers et à la culture populaire qui a donné lieu à des soirées bien particulières réservées uniquement aux hommes. Ces travailleurs se réunissaient à la fin de leur journée, dans des cafés, pour se lâcher, danser au rythme du mezoued et laisser parler leurs corps. Le rboukh, comme on l'appelle chez nous, est une sorte de rituel, une quasi-transe qui reprend les gestes du quotidien de ces ouvriers. «Cette danse ne manque pas également de connotation sexuelle et rend hommage au plaisir de la chair avec des gestes suggestifs», explique le danseur qui, en bon orateur, a présenté son travail. Dans une musique au rythme endiablé où la darbouka (percussion) fait la loi, Rochdi Belgasmi s'adonne énergiquement à cette danse et finit vers la fin par entraîner le public. C'est le concert du groupe de musique alternative ZoNe'Art qui a clos cette agréable soirée.

Meysem Marrouki
05-11-2014

PRESSE - La danse des hommes heureux - «Zoufri» au Kef

Un travail sur le signe, le code d'un univers masculin, une danse qui prêche la virilité, la liberté du corps d'un peuple pour qui la danse est tout un langage social «Zoufri» est un spectacle autour de «Rboukh», «danses des hommes en Tunisie», c'est un solo de danse contemporaine tunisienne signé Rochdi Belgasmi produit en 2013 et qui, déjà, fait des adeptes dans les plus grandes rencontres de danse. Et c'est à l'occasion de la Journée mondiale de la Musique que le chorégraphe tunisien Rochdi Belgasmi sera invité par le Commissariat régional à la culture du Kef, pour donner ce spectacle de danse aujourd'hui vendredi 24 octobre à 17h00, au Musée des arts et des traditions du Kef. «Moi... Ce Zoufri... Un ouvrier comme ils disent,... Je chercherai des moments irrésistibles dans cette vie paisible. Je mettrai en exergue cette envie et je donnerai mon corps déchaîné. Je bougerai mes hanches de rêve en rêve, de bord en bord. Je chasserai le réel dans le subtil et je n‘oublierai pas que je suis fragile. Je lutterai par la danse pour improviser la vie... J‘écrirai les spasmes d‘une histoire en fragments, en usant de charme et de séduction». Danseur chorégraphe de renommée internationale, Rochdi Belgasmi est une figure de la danse tunisienne contemporaine. De plus, il est professeur de danse-théâtre à l'Institut supérieur d‘art dramatique à Tunis (Isad) et membre du Conseil international de la danse (CID) auprès de l'Unesco. Il a commencé comme danseur interprète chez les plus grands chorégraphes tunisiens comme Nawel Skandarani, Hafiz Dhaou et Aïcha Mbarek, Malek Sebaï, etc. Et il a travaillé avec différentes réalités artistiques en Tunisie et à l'étranger comme le Centre national de la danse à Tunis, le Laboratoire théâtral tunisien, le Théâtre national tunisien, Cie Chatha à Lyon, Cie du Jour à Grenoble... En 2014, il a créé son dernier solo de danse «Zoufri», donné en avant-première à la Maison de Tunisie à Paris, puis joué dans plusieurs festivals de danse en Tunisie et à l‘étranger. En 2011, il a monté son premier solo, intitulé Transe, corps hanté, créé pour le Festival de Citoyenneté à Tunis et donné dans plusieurs festivals du monde, en Europe, au Canada, au Moyen-Orient et en Afrique. Son parcours l'a amené à collaborer avec différents artistes. En 2012, il a présenté, avec la grande danseuse populaire tunisienne Khira Oubeidallah, Khira wa Rochdi, un spectacle signé Malek Sebaï, créé pour la scène nationale de la Ferme de Buisson à Paris. Parmi ses chorégraphies, Métamorphoses vivantes, Transe, corps hanté, Striptease, Tawassine, Zoufri, Al mansia et Métadanse.

Anonyme
24-10-2014

صحافة - الكاف : احتفالا باليوم العالمي للموسيقى : عرض

في إطار الاحتفال باليوم العالمي للموسيقى تنظم المندوبية الجهوية للثقافة بالكاف مساء يوم الجمعة 24أكتوبر 2014 بمتحف العادات والتقاليد والفنون عرضا للكوريغراف التونسي رشدي بلقاسمي بعنوان "زوفري " وقد يحيل عنوان العرض إلى ما اصطلح على تداوله لدى العامة حول هذه الشخصية المرتبطة بالانحراف والصعلكة وفي الواقع فقد التصقت التسمية أو اشتقت من الكلمة الفرنسية "لوفريي" أي العامل لترتبط بالنظرة الدونية لهذه الطبقة الكادحة مثلما التصق ارتداء لباس "الدنقري " بها وأصبح رمزا للصعاليك وبلباس الدنقري يقدم بلقاسمي عرضه وفي هذا الصدد يشير الكوريغراف أن رقصة "الزوفري " هي البحث عن لحظات لا تقاوم هي رقصة الغضب وصرخة في وجه عالم مليئ بالمرارة وأن الرقصة تروي تنقل حكاية عمال المناجم والموانئ في القرن التاسع عشرة توثق لمعاناة الرجل الريفي الذي يأتي إلى المناجم بحثا عن اللقمة وهروبا من الفقروبالتوازي يكون العرض فرصة لتقديم الموسيقى الشعبية أو "الربوخ التونسي " وتجمع الموسيقى بين الطبل والزكرة والدربوكة هذا الفن التي تستهجنه النخبة علنا و تتفاعل معه سرا

مراد ريدان
22-10-2014

TEMOIGNAGE : ZOUFRI/ ROCHDI BELGASMI

(...) « En visionnant cette „autre transe“..... je me rends compte que la richesse de cette sémiotique gestuelle/corporelle si- tue cette chorégraphie dans une sorte d‘inter-espace, à mi chemin entre (Moyen)Orient et Occident (le „Maghreb“ en étant un)..... mais ces corps qui vibrent sur des percussions démentielles nous réconcilient avec notre fibre africaine...... sous le bleu (dengri) du zoufri, nous découvrons ainsi un corps qui se déchaîne pour dire, aussi, que la pluralité de ses rythmes réfèrent à l‘épaisseur du passé et des traces diverses qui le fondent... »
(...) « „Si ce travail de laboratoire est l‘arrière-scène de ton espace chorégraphique, cela devrait promettre de belles choses : ce labeur montre, si besoin est, que tu n‘es pas tombé dans la facilité d‘un moule de danse populaire/citadine transféré dans une forme chorégraphique : le fait que tu t‘exerces longuement pour t‘approprier l‘univers qui fonde le rboukh pour le transfigurer selon toute une poétique chorégraphique, la tienne..... et on voit bien pourquoi cela nécessite tant de travail sur le „gestus“ et sur l‘allure-démarche qui doivent se croiser, sans trop de contraste, avec les pas de danse que tu insères dans cette (ré)vision chorégraphique... »

Adel Habbassi (Chercheur - Universitaire)
03-03-2014

PRESSE - Zoufri N’a Pas Fini De Séduire

Je n’ouvre pas toujours les invitations que l’on m’envoie, mais je sais que celles de la Fondation de la Maison de Tunisie ont peu de chance de passer aux oubliettes. Cette fois-ci, ma Home Sweet Home Away FROM HOME m’invite à assister à Zoufri : Projet chorégraphique de Rochdi Belgasmi, samedi 14 décembre à 19h. « Moi… Ce zoufri… Un ouvrier comme ils disent… Je chercherai des moments irrésistibles dans cette vie paisible. Je mettrai en exergue cette envie et je donnerai mon corps déchaîné. Je bougerai mes hanches de rêves en rêves, de bord en bord. Je chasserai le réel dans le subtil et je n’oublierai pas que je suis fragile. Je lutterai par la danse pour improviser la vie… J’écrirai les spasmes d’une histoire en fragments, en usant de charge et de séduction. » C’est ainsi que Rochdi Belgasmi, chorégraphe et professeur de danse-théâtre à l’Institut Supérieur d’Art Dramatique et à l’International School of Carthage, introduit son nouveau solo de danse contemporaine tunisienne, Zoufri. Dans un cadre intimiste, et face à un public attentif, l’artiste présente son projet créatif autour de rboukh, une danse populaire tunisienne disparue. Exclusivement masculine, cette danse était pratiquée dans les cafés maures par la classe ouvrière tunisienne, qui y voyait une certaine forme de thérapie sociale. Danser pour exprimer son appartenance à une communauté. Danser pour s’affranchir des tensions. Danser pour renouer avec la joie de vivre. Rboukh était une danse ouvertement sexuelle et hédoniste, qui évoquait le désir des hommes, leur attirance charnelle, leur quotidien, leurs plaisirs de la vie. Leur vie. Imitation de l’acte sexuel, déhanchements, invitation de l’assistance. Cette danse a toujours été qualifiée de vulgaire, profane, et déplacée, par la bourgeoisie tunisienne, ce qui l’amène à disparaître des cafés, à l’indépendance. De ce rejet naîtra la déformation du mot zoufri dans la société actuelle tunisienne, voire dans les sociétés actuelles maghrébines, et son association au libertinage. Après l’indépendance, rboukh est reprise par les groupes de Mezoued, qui animent les célébrations tunisiennes. Bien que différente de son interprétation originelle – les allusions sexuelles ayant été retirées – elle continue de rappeler les mouvements quotidiens des ouvriers : le halage, le piochage, le terrassement. Renouvelée, la danse de rboukh est aujourd’hui mixte. Face aux femmes, les hommes étalent leur virilité dans l’espoir de les séduire. Et, les femmes dansent, encouragées par les applaudissements, les chants, et les sifflements des hommes. En bleu de travail, Rochdi Belgasmi nous livre, avec passion et sensibilité, l’histoire de cette danse populaire et l’origine de son projet chorégraphique. L’oeuvre répond à la nécessité de l’artiste de revendiquer sa liberté de créer et de « passer d’un statut d’artiste à un statut d’artiste-citoyen ». Zoufri est un véritable voyage dans le temps et l’espace. Un voyage au cœur de la médina de Tunis : de la grande mosquée Zeitouna, au marché de la ville, à Bab Souika, jusqu’au café chantant de Dar El Fath. Entre émotion et enthousiasme, l’assemblée est conquise. Les moins timides se laissent inviter sur scène, tandis que les autres, admiratifs, applaudissent. Le projet n’est pas encore finalisé, mais tout laisse à croire que Zoufri va en séduire plus d’un…

Sarah Miftah
22-12-2013

TEMOIGNAGE - LA DANSE DE ROCHDI BELGASMI EN PLEIN ÉCLAT

Samedi soir 14 décembre, à l‘invitation de la Maison de la Tunisie à Paris, j‘ai assisté au spectacle « Zoufri », (va- gabond, ouvrier, voyou...en langue tunisienne), dansé, parlé par le danseur et chorégraphe, Rochdi Belgasmi. De ce danseur on a beaucoup parlé en 2012 et 2013 : il a partagé la scène et le succès du spectacle Khira-W-Rochdi signé Malek Sebaï au festival Dream City en 2012 (créé en France à la Ferme du Buisson), puis il a, dans la suite, créé son spectacle Transe lequel a rapidement traversé les frontières : Montréal, Europe, Afrique... Récemment il a chorégraphié le spectacle Striptease, ou le festin des rats de Moez M‘Rabet présenté aux JTC 2013. Et maintenant son « Zoufri », le tout en un peu plus d‘un an. « Zoufri », voilà un objet réjouissant. Ni tout à fait spectacle, ni conférence, ni bal, ni danse- tract (comme il y a des ciné-trac), mais tout à la fois. Au départ la volonté du danseur chorégraphe de prendre la parole pour réhabiliter (remettre en scène) une source de la danse populaire pratiquée dans les café chantant, non pas par amour du pas- sé, ou de la tradition, ou pour opposer les genres mais pour révéler les gestes des ouvriers qui osaient changer la dureté de leur travail en danse, en dépense joyeuse, joueuse, « entre hommes ». Tandis que la bourgeoisie trouvait ces danses vulgaires et les méprisaient. Tradition - Modernité. Quelques projecteurs et beaucoup de petites lumières colorées sur des guirlandes fines ten- dues au dessus de nos têtes reliant l‘espace du public avec le carré tracé au sol pour sa danse, plus une sono. Après s‘être adressé au public pour présenter les chapitres de sa démonstration, le danseur dans un beau silence tout en montran, laisse venir la danse sans musique : hommage aux hommes qui n‘avaient pas froid aux yeux en « jouant » le sexe, la drague, le travail, hommes qui piochent, soulèvent, transportent, et dansaient ensemble ou en solo, s‘applaudissaient. Puis il revient à son micro, poursuit sa démonstration, avec le souffle du corps qui vient de danser : danse-parlée pour rendre hommage à la grande dame, un mythe dit-il, Khira Oubeïdallah, danseuse au sein de la Troupe Nati- onale des Arts Populaires (TNAP), on y entend aussi le nom de chrographes tunisiens d‘aujourd‘hui... Dans la troisième partie de sa démonstration, le danseur invite le public à emprunter ses pas. Certains et surtout certaines ce soir là, connaissaient bien le tremblé du bassin et aussi bras levés, pieds lancés sur torsion du bassin, bas-ventre en avant. D‘autres « s‘éclataient » ! La soirée se serait facilement transformée en bal (mot peut-être étranger à la culture tunisienne), ou disons en salle- dansante, s‘il n‘avait été question d‘un spectacle avec sa durée et un point.

Françoise Coupat, metteur en scène
19-12-2013

TEMOIGNAGE - ZOUFRI de Rochdi Belgasmi

J’ai eu la chance de connaître Rochdi Belgasmi d’abord en tant qu’interprète dans le spectacle de la chorégraphe tunisienne Malek Sebai intitulé : « Khira et Rochdi ». Cette performance de Malek Sebai peut être considérée comme un tournant non négligeable dans l’histoire de la danse tunisienne. La chorégraphe avait mis en scène deux générations de danseurs : celle de Khira Oubaildalah, figure emblématique de la danse tunisienne et celle de Rochdi Belgasmi qui représente la nouvelle génération de danseurs tunisiens. J’ai été à l’époque très intéressée, en tant que chercheure en danse, par ce spectacle où mouvement traditionnel et mouvement contemporain se confrontaient pour donner naissance à une nouvelle danse tunisi- enne. La présence scénique de Rochdi, sa complicité avec Khira, sa maîtrise du mouvement de danse tunisienne et sa fluidité m’avaient beaucoup marquée. La deuxième rencontre scénique avec Rochdi Belgasmi fut pour sa performance « Zoufri » lors de son passage à Paris. Rochdi a présenté une performance à multiples supports : danse, interaction avec le public et parole. J’étais très touchée de le voir parler de sa passion pour les danses tunisiennes, de sa fierté d’avoir travaillé avec une figure aussi importantes que celle de Khira Oubaidallah. Sa performance se situe donc dans la suite de ses expériences de travail, d’un côté avec la chorégraphe tunisienne Malek Sebai qui avait commencé une première réflexion autour du devenir des danses tunisiennes et de l’autre côté du dramaturge Hafed Zilit. Rochdi continue donc sa route en développant ces idées sur les danses traditionnelles en Tunisie et leur devenir contemporain. Dans « Zoufri » le public a voyagé à travers les mots, le corps, et les regards de Rochdi dans une Tunisie qu’on connaît peu, celle des Zoufris, voyous ouvriers et prolétaires danseurs.

Mariem Guellouz (chercheure en danse)
14-12-2013

PRESSE - Sur les traces de la culture pop’

Zoufri, un solo en chantier 
On le dit tous pour désigner un loubard, un voyou et un grossier : ‘‘Zoufri’’. Ce mot, devenu au fil du temps une insulte, retrace toute la culture, avec ses codes, ses expressions et son vécu. C’est dans ce registre là que Rochdi Belguesmi, danseur et chorégraphe de son état, s’aventure pour un solo de 3O minutes qui portera ce terme pour titre. «Ma recherche étymologique sur le mot «Zoufri» m’a amené vers l’origine française de ce vocable. Chez nous, le mot désigne depuis la fin du XIXe siècle, «l’ouvrier». Il était d’abord attribué aux ouvriers tunisiens des compagnies ferroviaires françaises, installées en Tunisie depuis les années 1870, et connues sous le nom de «Kobbania». Il fut, par la suite, diffusé dans les milieux populaires avec son pluriel «Zouaffra», pour se retrouver, dans le dialecte avec une connotation péjorative : il signifie à la fois «clochard» et «insolent» », explique Rochdi Belgasmi pour présenter la genèse de ce travail. Il poursuit en nous expliquant que le monde et la culture des ouvriers se sont exprimés en danse, des danses spécifiques qu’on pratiquait dans les «Rboukh», un genre de spectacles, populaires, à base de ‘‘mezoued’’. «C’est un style très varié puisqu’il conjugue différents pas et gestuelles de danses populaires tunisiennes, tels les pas de danse bédouine. Il faut savoir que la majorité des «Zouaffra» sont des paysans, venus du fin fond de la Tunisie, et qui se sont installés dans la capitale, Tunis ». Porteurs de mémoires, ces ouvriers ont amené avec eux leurs rythmes traditionnels locaux, à l’instar du «Bou Nawara», «Fazzeni» avec ses varétés «Bougui-Bougui», «Mrabbaâ», «Fazzeni karkni», «Fazzeni merteh», «Fazzeni zoufri», «Allegi», «Ghita», «jerbi», etc. Ces rythmes ont donné lieu à des musiques dansées, comme les «Targs», le «Salhi», le «Rakrouki», le «Jendoubi», le «Nammouchi», le «Mallouli», etc. Pour Rochdi Belgasmi, le chemin de cette création est tout tracé, depuis son fameux duo avec la grande Khira Oubeïdallah, chorégraphié par Malak Sebai. D’autant que la danse traditionnelle, ses rythmes et ses pas sont dans sa peau. Un univers intense dont Rochdi mixe les musiques, les airs, les percussions et ces voix cassées par le tabac et le mauvais vin. Faire revivre le « Rboukh », avec ses danses des amours tristes, de la vie dure, de l’éloignement, de la solitude et de la misère. Des danses masculines et viriles qui accompagnent, souvent, des chansons mélancoliques. « Ce qui m’interpelle dans les Rboukh, ce n’est pas seulement l’engagement très physique du danseur, mais son engagement émotionnel aussi, à travers un visage très expressif, un regard insistant. Je me régale également de ce plaisir de danser seul avec soi, même si dans ce spectacle, je suis entouré par d’autres personnes et d’autres corps qui bougent et qui font bouger le monde autour de moi. Mais mon « kif » de danser en m’isolant dans ma tête, reste plus fort que l’attraction des autres », précise encore Rochdi Belguesmi. Derrière ce projet, Rochdi Belguesmi se place au cœur de tout un projet, à savoir la réhabilitation de la structure des arts populaires tunisiens par un travail de mémoire sur nos danses et nos rythmes corporels et musicaux. Ce retour aux formes chorégraphiques traditionnelles en Tunisie s’impose non seulement comme nécessité méthodologique pour conférer une certaine authenticité à la scène contemporaine nationale, mais aussi comme possibilité de réflexion sur l’abolition totale des frontières disciplinaires entre les arts du spectacle, du théâtre et la danse contemporaine. Une nouvelle vision des arts de la scène et du monde aussi.

 

Asma Drissi
16-09-2013

PRESSE - Rochdi Belgasmi, la danza como forma de resistencia

La música y la danza tienen una importante presencia en la cultura árabe. En las distintas celebraciones cotidianas, el aspecto musical contribuye a reforzar el vínculo social y a expresar la importancia de un determinado acontecimiento. Sin embargo, en el momento en el que el baile pasa del ámbito familiar al profesional, del entorno privado al público, la consideración del bailarín se vuelve dudosa. En un país como Túnez, inmerso en una situación contradictoria a causa de políticas culturales que parecen ofrecer y restringir libertades, muchos jóvenes interesados por la danza contemporánea se ven obligados a emigrar a Europa en busca de formación y oportunidades. Pero también se ha visibilizado, tras la revolución, una oleada de bailarines que quiere reforzar la presencia de la danza en Túnez y que, además, la ejerce como un movimiento simbólico de concienciación. Un ejemplo de alguien que arriesga en este sentido es Rochdi Belgasmi, bailarín y coreógrafo tunecino nacido en 1987. «La danza nunca ha sido reconocida como profesión oficial por el Estado. Siendo bailarín, en mi carnet de identidad se menciona que soy actor» afirma, y explica que solo aquellos bailarines que han tomado la decisión de abandonar el país han podido recibir una formación académica que les permite «producir libremente». Rochdi comenzó a bailar a los diez años en clubs de danza de Túnez y posteriormente se formó en ballet clásico en el Centro Cultural Ruso de Túnez y en la Escuela de Danza Clásica IKAA, pero su «verdadera vocación», aclara, nació en el Instituto Superior de Arte Dramático de Túnez. En estos años ha formado parte de proyectos dirigidos por reconocidos artistas como Habiba Jendoubi, Hafedh Khalifa, Aicha Mbarek y Malek Sebai, entre otros. Esta última coreógrafa es la directora de Khira wu Rochdi (2012), proyecto en el que el bailarín comparte escenario con la gran Khira Oubeidallah, «un mito de la danza popular de Túnez» y directora del ballet de la Compañía Nacional de Artes Populares. Afirma Rochdi que «es un espectáculo que de por sí supone una dualidad inspirada en dos iconos inseparables de la danza popular durante los años 70 y 80 en Túnez». El bailarín recuerda este montaje como una experiencia muy emotiva que goza de una gran popularidad en Túnez y en la que puede trabajar, además, con uno de los mejores percusionistas tunecinos, Wissem Mzoughi, sin olvidar la voz del cantante beduino Ismael Hattab. También en 2012, Rochdi creó su primera pieza coreográfica titulada Transe, corps hanté, un solo de danza contemporánea «con una música auténtica», explica, «montada con grabaciones que realicé durante varios días en regiones beduinas de Túnez». Esta pieza, que significa para Rochdi el primer paso de su proyecto llamado Hacia una danza contemporánea tunecina, se ha representado ya en varios países como Palestina, Túnez, Jordania, Costa de Marfil, Burkina Faso, Chad, Marruecos, Argelia o Francia. Aunque en ambas obras se establece un diálogo entre lo tradicional y lo moderno, también presentan claras diferencias. Cuenta Rochdi que «mientras que en Khira wu Rochdi se habla del fondo y de la forma de la danza tradicional en un ambiente festivo que revaloriza estos bailes, en Transe, corps hanté, hay una verdadera voluntad de ir hacia un estilo contemporáneo inspirado en la danza tradicional, con el objetivo de llegar más lejos». La danza tradicional tunecina se caracteriza por ser enérgica, improvisada y con grandes twist o giros de caderas de un lado a otro, realizados generalmente de puntillas. La danza «raqs al-juzur» es un baile tunecino muy conocido en Djerba y en Kerna, en el que los bailarines danzan con faldas y suelen utilizar como elemento principal uno o varios jarrones que sujetan en el hombro o sobre la cabeza, en un impresionante ejercicio de equilibrio. Otro ejemplo reciente de originalidad en el panorama artístico tunecino es el colectivo de jóvenes bailarines Art Solution, que desde su fundación en 2011 reivindica el lugar de la danza a través del baile en distintos espacios públicos. Sobre ellos, Rochdi opina que «tratan, a través de su trabajo, de evidenciar la buena imagen del Túnez que lucha contra toda forma de oscurantismo». El baile es, a veces, el silencio necesario para hablar. Y su voz puede llegar tan lejos como el más largo de los discursos. Túnez es una buena muestra de ello, ya no solo porque surgen formas de mantener viva la danza y la libertad de expresión, sino porque continúan celebrándose varios festivales anuales en los que participan artistas de varios países. Dos ejemplos de estos encuentros son Les rencontres corégraphiques de Carthage (en mayo de 2013) o Les journeés de la danse contemporaine, que en marzo de este año ha celebrado su cuarta edición. Rochdi Belgasmi, que acaba de regresar de los Encuentros internacionales de jóvenes creadores y críticos de arte y escena profesionales, organizado por el Festival TransAmérica (FTA) 2013 en Quebec, confiesa que «generalmente en mis creaciones me alejo de ideologías limitadas y considero que mi arte es portador de mensajes más bien humanos y universales. El medio político y cultural de Túnez es un verdadero terriorio de reto para los artistas y sobre todo para los bailarines».

Elena Berrocal
28-06-2013